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Question à Olivier Besnard, directeur général d’Air Caraïbes : “Achat désormais à la carte !”

Question à Olivier Besnard, directeur général d’Air Caraïbes : “Achat désormais à la carte !”

Pour le directeur général d’Air Caraïbes, le trafic dans la Caraïbe doit trouver son modèle économique.

Quels sont les grands changements qui ont touché le secteur de transport aérien durant les dix dernières années ?

La première révolution est incontestablement le développement des compagnies low cost moyen-courrier qui ont dopé l’activité aux États-Unis, puis en Europe. Le second bouleversement est l’émergence des compagnies du Golfe, telles Emirates et Quatar Airways. Parties de rien, elles disposent aujourd’hui de flottes importantes, leurs aéroports sont des hubs entre l’Europe et l’Extrême-Orient, mettant à mal le business des compagnies historiques.

La troisième tendance est le développement du transport aérien lui-même : il y a de plus en plus d’avions, de passagers. Côté technique, les avions sont désormais en composite et capables d’aller plus haut, plus vite en consommant moins de carburant.

Côté motorisation, les trois constructeurs mondiaux recherchent de nouveaux carburants pour sortir de l’énergie fossile. Le transport aérien pollue : il faut résoudre ce problème.

Et côté clients ?

Les habitudes d’achat ont énormément évolué. Auparavant, le client achetait un billet comportant un siège, un repas, des bagages, etc. Maintenant, il achète à la carte un siège, puis un bagage ou pas, peut-être un repas, etc. Ce sont les compagnies low cost qui ont initié cette tendance qui s’est développée partout.

Comment qualifier aujourd’hui le transport aérien ?

C’est devenu un moyen de transport de masse qui continue à se développer dans des zones différentes. Aujourd’hui, le ciel de l’Amérique du Nord et de l’Europe est saturé. Le développement est porté par les liaisons en Inde, en Asie et en Chine.

Comment ce secteur va-t-il évoluer ?

Les tendances précédentes vont se renforcer avec en outre un niveau de sûreté relevé et un déploiement massif des nouvelles technologies. L’enregistrement se fait en ligne, la dépose des bagages ainsi que l’embarquement à des bornes : des métiers de base vont disparaître au profit de métiers techniques digitalisés et les compagnies vont se recentrer sur l’aérien, sous-traitant un maximum d’activités qui ne sont pas leur cœur de métier. Au regard des développements attendus, il y aura toujours des opportunités.

Et Air Caraïbes dans tout ça ?

Nous fêtons nos 15 ans ! Nous sommes nés du rapprochement de plusieurs petites compagnies locales regroupées sous le nom Air Caraïbes. Après avoir saisi l’opportunité de l’arrêt d’Air Lib sur le long-courrier, le groupe vendéen Dubreuil a su transformer cet ensemble en une compagnie antillaise légitime.

Au fil des investissements sur la flotte, dans les équipes et grâce à un rapport qualité/prix adapté, nous sommes devenus le premier transporteur vers les Antilles françaises. Personne n’y aurait cru voilà 15 ans !

Comment voyez-vous l’arrivée de nouvelles compagnies comme Level et Norwegian dans le ciel des Antilles ?

L’ouverture à la concurrence est toujours une bonne chose pour les clients. Nous l’avons fait vers La Réunion avec French Bee. Maintenant, économiquement, il ne faut pas se tromper, sinon il y aura des morts !

Le long-courrier low cost, apparu depuis une dizaine d’années, ne connaît pas encore le succès comme l’a connu le low cost moyen-courrier, notamment à cause du prix du carburant.

La réponse à l’arrivée de Level pourrait-elle être French Bee sur les Antilles ?

Cela pourrait l’être, mais ce n’est pas d’actualité.

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