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Prix du carburant en Guyane : histoire sans fin

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Le problème paraît insoluble tant que le volume du marché restera 300 000 t de carburant consommées par an et la Guyane à 200 000 habitants.

En Guyane, la problématique du prix du carburant paraît être une histoire sans fin où les intérêts divergents des concessionnaires automobiles, des pétroliers, du raffineur, de l’État, des gérants de stations-service, de leurs salariés et des consommateurs se trouvent enchevêtrés sans que ne se dégagent une solution qui satisfasse tout le monde. Le problème a en effet débuté au milieu des années 2000 avec l’accumulation des plaintes des concessionnaires automobiles qui expliquaient que le carburant acheté à Trinidad qui n’est pas aux normes européennes provoquait trop de pannes dont ils refusaient d’assurer la responsabilité. En 2007, il a été décidé que le caburant ne serait plus acheté à Trinidad mais viendrait de la Sara, implanté en Martinique ; éloignement qui génère des coûts de transport et de stockage. Trois augmentations successives ont alors été décidées pour compenser ces surcoûts, la dernière intervenant en novembre 2008, période durant laquelle le prix du baril de pétrole avait énormément chuté, provoquant l’incompréhension de la population et la grève de quatre semaines qui s’en est suivie. Depuis, de nombreux rapports ont fait état des préconisations, comme par exemple pouvoir de nouveau s’approvisionner à Trinidad. L’effet immédiat sera de réactiver les difficultés avec les concessionnaires autos. Quant à retrouver en Guyane des voitures produites pour l’Amérique du Sud, alors que la Guyane, rattachée au bloc européen, reçoit des véhicules avec ces spécifications : là, c’est au découpage du monde par les constructeurs automobiles, à leurs accords commerciaux et aux normes qu’ils ont édictées pour préserver leurs intérêts qu’il faudra s’attaquer… Quant aux pétroliers, jusqu’à preuve du contraire, ils s’intéressent à un territoire pour y faire du business. Les dernières négociations ont vu leur marge amputée de 0,01e par litre de carburant vendu. Aujourd’hui, trois d’entre eux ont un réseau en Guyane : Vito, Total et Texaco. Ce dernier est en train de quitter le territoire : un changement d’enseigne a déjà eu lieu à Matoury ; des pourparlers sont en cours sur les autres implantations. Les pétroliers seraient en effet tenté de reprendre en direct la distribution du carburant, leur permettant ainsi de cumuler les marges, stratégie à laquelle sont attentifs les vingt-cinq gérants-locataires qui veulent préserver leurs intérêts ; tout comme leurs 250 salariés qui voient d’un mauvais œil l’automatisation des stations. Quant à la Sara, ses marges sur le transport et sur le stockage sont étudiées à la loupe : on pourrait y gagner quelques points semble-t-il. Quand au consommateur, il veut payer le carburant le moins cher possible. Le problème paraît insoluble tant que le volume du marché restera 300 000 t de carburant consommées par an et la Guyane à 200 000 habitants.

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