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Médecin du travail : jusqu’en avril, il devient un interlocuteur privilégié

Médecin du travail : jusqu’en avril, il devient un interlocuteur privilégié

Avec la pandémie de covid-19, le médecin du travail est au centre dans le suivi de la santé des salariés au travail. Remise en mémoire.

1/ Son rôle dans le dispositif covid

Tout comme le médecin traitant, le médecin du travail peut être sollicité pour tout ce qui concerne la situation des salariés à risque de forme grave du covid-19. Il doit être consulté afin d’identifier les salariés pour lesquels il est nécessaire de privilégier le télétravail de manière à préserver leur santé. Il doit être également contacté si un salarié présente des symptômes de covid-19 : fièvre et/ou toux, difficultés à respirer, à parler ou à avaler, perte du goût ou de l’odorat. Le médecin du travail saura accompagner le salarié et plus globalement les entreprises sur les mesures de prévention à mettre en place, qu’il s’agisse de l’isolement d’un salarié symptomatique ou de l’identification des cas contacts au sein de l’entreprise.

2/ Ses compétences élargies jusqu’en avril

Le décret du 13 janvier 2021 élargit temporairement le périmètre de compétence des médecins du travail. Ainsi, jusqu’au 16 avril 2021, ils peuvent prescrire ou renouveler un arrêt de travail en cas d’infection ou de suspicion d’infection d’un salarié au covid-19 ; établir un certificat d’isolement pour les salariés vulnérables susceptibles de développer une forme grave d’infection au virus SARS-CoV-2 en vue de leur placement en activité partielle.

Enfin, pour faciliter l’identification des cas contacts, il peut inciter à l’utilisation de l’application TousAntiCovid.

3/ Le rôle du médecin du travail depuis 2017

Depuis la loi Travail de 2017, le rôle du médecin du travail est exclusivement préventif. Indépendant, son action est destinée à supprimer les facteurs de risque, à surveiller la santé du travailleur en fonction de son âge et de son milieu de travail, et à minimiser les conséquences du travail sur la santé.

Ainsi, le médecin du travail ou l’infirmier collaborateur doit rencontrer le salarié plusieurs fois au cours de son parcours professionnel. Ces visites sont obligatoires lorsque le salarié prend ses fonctions, sauf s’il a déjà réalisé une visite médicale au cours des cinq années précédentes. Une visite doit ensuite être effectuée au minimum tous les cinq ans.

Le médecin du travail doit aussi conseiller les employeurs afin d’améliorer les conditions de travail et diminuer les risques professionnels. Ainsi, il peut être amené à effectuer des visites sur les lieux de travail. Chaque année, le médecin du travail doit rédiger un rapport informant notamment le comité d’entreprise et l’employeur des risques professionnels de l’entreprise.

4/ La médecine du travail pour qui ?

Les personnes concernées par la médecine du travail sont employées dans une entreprise privée ; dans un établissement public industriel et commercial ; dans un établissement public à caractère administratif employant du personnel de droit privé. Pour les agents publics, un suivi médical doit aussi être mis en place.

5/ La visite d’information et de prévention

Avant l’embauche, le futur salarié doit effectuer une visite d’information et de prévention. Elle est réalisée par le médecin du travail ou l’infirmier collaborateur du médecin du travail. Elle permet d’interroger le salarié sur son état de santé, de l’informer des risques liés à son poste de travail, de le sensibiliser sur les moyens de prévention à mettre en œuvre, de voir si son état de santé ou les risques auxquels il est exposé nécessitent une orientation vers le médecin du travail, de l’informer des conditions de suivi de son état de santé et de son droit à demander une visite avec le médecin du travail à tout moment. Cette visite est réalisée au maximum trois mois après la date d’embauche, sauf si elle a déjà été effectuée au cours des cinq années précédentes. À l’issue de la visite, le médecin du travail déclare si le salarié est apte ou partiellement ou complètement inapte à son travail. Le médecin du travail peut aussi proposer des mesures à l’employeur, telles qu’une mutation ou une transformation de poste. S’il refuse les propositions du médecin du travail, l’employeur doit alors motiver sa décision.

6/ La visite de reprise

La visite de reprise est effectuée par le médecin du travail lorsqu’un salarié revient d’un arrêt maladie pour cause de maladie ou d’accident du travail et lorsque cet arrêt a duré plus de 30 jours ; d’un arrêt maladie pour cause de maladie professionnelle ; de congé maternité. La visite de reprise doit avoir lieu au plus tard dans les huit jours suivant la reprise du travail par le salarié. Cette visite de reprise sert à s’assurer que le poste est compatible avec l’état de santé du salarié, de proposer au besoin des aménagements, voire son reclassement sur un autre poste.

7/ Les autres visites médicales

Les travailleurs doivent se rendre à une visite médicale au minimum tous les cinq ans. Pour les travailleurs handicapés, les travailleurs titulaires d’une pension d’invalidité et les travailleurs de nuit, le délai maximal entre deux visites est fixé à trois ans. Les salariés exposés à certains risques, tels l’amiante, le plomb, des agents cancérigènes, bénéficient d’autres visites médicales pour leur suivi individuel renforcé. Enfin, le salarié peut rencontrer le médecin du travail à tout moment si lui ou son employeur en fait la demande.

A retenir

> Avec le Covid-19, le médecin du travail est remis jusqu’en avril au centre du suivi des salariés dans les entreprises.

> Les visites médicales réalisées par le médecin du travail s’effectuent sur le temps de travail, sans retenue de salaire.

> Les frais de transport et tous les autres frais que pourrait occasionner la visite médicale sont pris en charge par l’employeur.

> Le salarié ne peut pas choisir son médecin du travail.

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