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Martinique, terre de rhum : Le Codérum déploie sa stratégie spiritourisme. Question à Charles Larcher

Martinique, terre de rhum : Le Codérum déploie sa stratégie spiritourisme. Question à Charles Larcher

Objectif : 1 million de visiteurs dans les neuf distilleries d’ici 2022. Le développement du spiritourisme en Martinique s’organise.

Le Codérum dont vous êtes président a lancé une stratégie spiritourisme en début d’année : à quel point en êtes-vous ?

De plus en plus de personnes sont impliquées pour transformer la Martinique en une destination touristique pour découvrir le rhum. Les récentes Journées du patrimoine viennent de nous assurer de l’intérêt de la population et des touristes pour la découverte de la production : 1600 personnes chez JM, 600 le samedi, 900 le dimanche est une agréable marque d’intérêt. Nous prévoyons d’éditer un livret commun pour notre secteur d’activité avant les Journées du patrimoine 2019.

Maintenant, quelles sont les étapes suivantes ?

Au-delà de ces bons signes, nous devons maintenant fédérer notre action. Par exemple, écrire une charte afin d’harmoniser notre fonctionnement, notamment en ouvrant le dimanche. Jusqu’à présent, les distilleries Neisson et Depaz ne le faisaient pas. De même, nous préconisons un minimum de prestations comme avoir un personnel qui parle anglais, avoir un site parfaitement tenu, avec des pelouses tondues et des abords impeccables, etc. Nous espérons finaliser cette charte d’ici fin 2018.

Nous prévoyons la mise en place d’une structure de formation professionnelle avec la création d’un vivier de 150 personnes formées pour accompagner cette stratégie spiritourisme. Nous prévoyons en effet de passer de 700 000 personnes reçues dans les neuf distilleries de l’île en 2018 à 1 million en 2022. C’est grâce à cette stratégie groupée que nous serons entendus par les acteurs politiques locaux et nationaux.

Toutes les distilleries n’ont pas les mêmes moyens : comment avancer au même pas ?

C’est effectivement un sujet. Des groupes comme Bernard Hayot ou Cayard sont convaincus de cette stratégie et mettent les moyens. Par exemple, Saint-James vient de rénover de manière remarquable le moulin d’une sucrerie du XVIIIe siècle à Sainte-Marie, la transformant en chai de vieillissement. Les distilleries indépendantes Neisson et A1710 iront sans doute moins vite : notre challenge est justement de parvenir à tout coordonner. Par exemple, notre première action, fin 2019, sera la mise en place d’un balisage spécifique identique sur l’ensemble du territoire.

Comment pensez-vous y parvenir ?

Nous discutons avec les services de l’Etat afin que la défiscalisation soit étendue à la rénovation du patrimoine, à la restauration de bâti défraîchis. Et afin d’avoir également accès au fond européens Feder.

Vous avez rencontré le président Emmanuel Macron lors de sont passage en Martinique : quelle a été la teneur de vos échanges ?

Nous lui avons fait part de notre souhait que, dans le prochain Programme opérationnel 2021/2027, le critère PME institué pour obtenir les fonds européens et qui exclut les entreprises faisant partie d’un groupe, soit abrogé.

Nous lui avons également dit, que pour être efficaces, nous souhaitions avoir un interlocuteur unique pour mettre en place cette stratégie spiritourisme : avec Bercy, les ministères de l’Agriculture, de la Culture, des DOM et Atout France. Avec le spiritourisme, nous voulons sortir du fantasme de “Martinique, l’île aux fleurs” pour faire de la Martinique une terre de rhum.

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