Économie

Spécial crise sanitaire

Le porte-hélicoptères amphibie français Dixmude dans les eaux des Antilles-Guyane

Le porte-hélicoptères amphibie français Dixmude dans les eaux des Antilles-Guyane

Le Président Emmanuel Macron, le souffle court, a annoncé à Mulhouse le déploiement du porte-hélicoptères Dixmude aux Antilles-Guyane pour faire face au pic de l’épidémie. Il arrive début avril dans le cadre de l’opération Résilience.

Après la Corse, l’outre-mer va se retrouver dans une situation tendue par rapport à la propagation du coronavirus. Le Président Emmanuel Macron a annoncé hier, à Mulhouse , le positionnement du Dixmude début avril dans la zone Antilles-Guyane.

Selon sa fiche de présentation disponible sur le site du ministère de la Marine. Le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Dixmude est un outil de commandement et de projection de forces armées françaises qui peut, depuis leur pont d’envol, déployer une force aéromobile complète constituée d’hélicoptères de combat, destinée à conduire des frappes ou des opé­rations de surveillance d’un territoire. Leur capacité am­phibie leur permet, grâce aux engins de débarquement rapides et chalands de transport de matériel, de projeter des troupes et véhicules de la mer vers la terre, mais aus­si de mener des opérations de secours aux populations (évacuation de ressortissants, assistance après un sinistre). Leur modularité permet d’embarquer un état-major et de mettre en œuvre un poste de commandement de forces interarmées pour la conduite d’une opération nationale ou multinationale depuis la mer. Le Dixmude dispose d’un véritable hôpital embarqué permettant de faire face à une crise sanitaire de grande envergure (blocs opéra­toires, salle de traitement des grands brûlés…)”

Le PHA Dixmude a été admis au service le 27 juillet 2012. Ses missions tournent autour de la connaissance, de l’anticipation, de la prévention, de la protection, de l’intervention et de la dissuasion

69 lits et 2 blocs opératoires

Ce navire est équipé d’un radier de 885 m2, de 4 chalands hangar de 2650 m2 recevant 60 véhicules blindés et 13 chars. Il est muni d’un plate-forme et d’un hangar pour 16 hélicoptères. Son hôpital comporte 69 lits avec une extension possible, et 2 blocs opératoires. Le navire dispose de 2 moteurs à propulsion électrique (pods) de 14 MW, de 1 ou 2 propulseurs d’étrave, de 2 canons de 20mm ou de 30 mm téléopérés, de 4 mitrailleuses 12,7 mm, de 2 systèmes d’autodéfense anti-aérienne SIMBAD (missiles Mistral), de 3 radars de navigation, d’un radar de veille air-surface, de leurres antitorpilles SLAT, d’un système de transmissions par satellite, de système de combat SENIT

Le Dixmude fait 199m de long pour 32m de large. Il peut se déplacer à 19 nœuds et est manœuvré par 177 marin encadré par un état-major et peut transporter de 400 à 900 soldats.

C’est donc un navire important dans l’armada française qui sera déployé pour couvrir les besoins sanitaires aux Antilles-Guyane, preuve s’il en est que la pic de l’épidémie du coronavirus approche.

 

Des navires transformés en hôpital dans le monde !

Le déploiement de navires est une option importante dans la lutte contre le coronavirus. Ainsi, la compagnie britannique Cruise & Maritime Voyages a fait savoir à la France qu’elle disposait de trois paquebots disponibles, actuellement désarmés mais avec le gros de leur équipage dans les ports britanniques de Bristol et Tilbury. Des navires peuvent être rapidement employés pour des besoins d’assistance médicale. De même, Croisières Maritimes & Voyages France confirme des contacts la semaine dernière avec les autorités françaises afin de proposer trois de ses navires qui pourraient également être transformés en navires-hôpitaux. Les trois navires disposent de 277 à 726 cabines qui peuvent être adaptées pour l’accueil de patients. Les trois navires sont l’Astoria (160 mètres, 277 cabines) et le Magellan (221 mètres, 726 cabines) actuellement à quai à Tilbury, près de l’estuaire de la Tamise, ainsi que le Marco Polo (176 mètres, 425 cabines) qui se trouve à Bristol, sur la façade atlantique de la Grande-Bretagne.

De leurs côtés, les Etats-Unis vont également avoir recours à des navires de croisière dans les prochains jours pour compléter les moyens hospitaliers disponibles. En Italie déjà, un ferry de la compagnie GNV a été transformé en hôpital flottant. L’avantage des navires à passagers, en particulier les paquebots, est qu’ils constituent des hôtels flottants mobiles, pouvant être positionnés rapidement près des zones en tension. Les cabines constituent autant de chambres pouvant être converties et chaque navire dispose d’installations médicales. Généralement, l’idée n’est pas d’accueillir des malades du coronavirus, qui nécessitent pour les cas graves des moyens lourds et adaptés de réanimation, mais des patients souffrant de pathologies non contagieuses qui peuvent être suivis en dehors des hôpitaux et ainsi libérer de la place dans les services.

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