Stratégie

Le Groupe Ho Hio Hen : sortir de l’hyper et…

Le Groupe Ho Hio Hen : sortir de l’hyper et…

CDC Entreprises est même entré dans le capital de H Distribution en 2011 pour accompagner la mutation.

Si les crises financières et sociétales ne s’étaient pas enchaînées après l’achat en 2010 par le groupe Ho Hio Hen des magasins cédés par le groupe Primistère Reynoir (Cora, Match, Ecomax en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane), changeant définitivement les situations des marchés ; si le groupe était parvenu à renforcer son encadrement et à professionnaliser ses procédures pour accompagner ce changement de dimension, lui qui officiait jusqu’alors exclusivement en Martinique principalement dans le segment des supermarchés ; si le changement de génération avant fonctionné au sein de la famille et que les enfants avaient eu envie de continuer l’œuvre du père, la réussite de ce groupe aurait été un cas exemplaire digne d’être étudié dans les meilleures écoles de stratégie. CDC Entreprises est même entré dans le capital de H Distribution en 2011 pour accompagner la mutation. Rien n’y a fait.

Aujourd’hui, le groupe Ho Hio Hen vend les hypers rachetés au groupe Primistère Reynoir : la vente de celui de Guyane a été conclue en avril 2018 avec JKS Finance, le groupe géré par Jan Du ; en Martinique, celui du Robert appartient depuis ce 23 août au groupe GBH ; et la vente de celui de Bas-du-Fort, en Guadeloupe vient d’être relancée. Les offres devaient être remises à la société Interactis, spécialiste parisienne des fusions-acquisitions, avant le 31 août 2018.

Le groupe Ho Hio Hen vient donc enfin de recevoir du cash lui permettant d’éponger quelques dettes et surtout arrêter l’hémorragie venue des hypermarchés. Les pertes annuelles de sa branche hyper-supermarchés étaient estimées à 12 M€ par an, en partie épongées à hauteur de 7 M€ par la branche des Ecomax, qui a toujours été rentable. Elle est aujourd’hui affaiblie par ces ponctions, l’hyper Géant implanté à Schœlcher étant à l’équilibre.

Les fournisseurs, les banquiers et l’Administration sont donc plutôt satisfaits de ces ventes : l’effondrement certain vers lequel s’acheminait le groupe, que tout le monde redoutait pour ce mois de septembre, n’aura pas lieu, ainsi que les conséquences systémiques et l’onde de choc qu’elle aurait entraînées dans toute l’économie martiniquaise. Les acheteurs ont de solides références : tout le monde sera payé, Sécu comprise ! Cependant, si la situation financière s’assainit, ce groupe est toujours face à des problèmes internes : sa structuration et l’envie des enfants. Quelle est leur stratégie à long terme ? Si les ventes se poursuivent jusqu’à atteindre les Ecomax, ce réseau de plus de 50 magasins aux Antilles-Guyane pourrait intéresser des acteurs au-delà des frontières françaises, comme le groupe allemand Schwarz, propriétaire de la marque Lidl, leader européen du hard discount, qui s’est lancé depuis l’an dernier dans une grande offensive aux États-Unis. Et là, ce serait une autre partie qui commencera, et ce n’est pas de la science-fiction !

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