Médiation

Indépendance et Neutralité : le socle d’une médiation réussie

Indépendance et Neutralité : il est impérieux de distinguer ces deux notions pour appréhender le processus de médiation.

Indépendance et Neutralité : il est impérieux de distinguer ces deux notions pour appréhender le processus de médiation. La neutralité est la qualité du médiateur à ne pas se prononcer sur la solution trouvée par les parties. Le médiateur s’interdit ainsi d’exercer une quelconque autorité ou influence sur les parties.

L’indépendance est l’absence d’influence sur le médiateur de quelque groupe, lobby ou mouvement de pensée. Le médiateur garantit en amont du processus de médiation qu’il n’est subordonné ou influencé par personne.

Le corollaire évident de cette distinction est que la co-médiation paritaire de conflits sociaux collectifs, opérée par un binôme de médiateurs (un appartenant au collège employeur et l’autre au collège employé) n’est ni neutre ni indépendante. Car, chaque médiateur, de par son appartenance à un collège différent, influence l’orientation des solutions choisies par les parties.

Si, de surcroît, les médiateurs sont systématiquement désignés par un établissement public, émanation de l’Etat et dirigés par l’un des vice-présidents d’une collectivité locale, l’indépendance non seulement n’existe pas, mais surtout n’a jamais existé. En l’espèce, il apparaît comme certain que l’indépendance a quelque peu dévié du plan de départ.

En outre, lorsque la médiation est gratuite pour les parties, mais que les frais occasionnés par la médiation sont réglés par des subventions de ladite collectivité et par des fonds publics, le lien de subordination est manifeste et nuit à la résolution du conflit.

Imaginons seulement un instant que des conflits sociaux, portant sur des délégations de service public, soient soumis à ce type de médiation et de médiateurs… ce n’est qu’une hypothèse qui, nous le savons, ne pourrait se réaliser dans une démocratie (ouf !).

Par ailleurs, le médiateur, neutre et indépendant, ne propose pas de solutions aux parties pour régler le litige. C’est le rôle du conciliateur qui, en plus d’être souvent un expert de la matière, oriente les parties vers la solution qu’il a choisie. L’arbitre quant à lui est un tiers qui a été désigné par les parties dans une convention d’arbitrage et dont la solution tranche le litige sans que les parties ne puissent la contester.

Penser qu’un tiers intervenant dans un litige puisse occuper, au sein du même conflit, ces trois fonctions, et tour à tour est une hérésie. L’affirmer publiquement et avec conviction est une ineptie. Le faire réellement relève de la magie…

Car la médiation est l’intervention d’un tiers neutre, impartial, indépendant et compétent, à la demande des parties, afin de rétablir la communication entre les contradicteurs afin que ces derniers retrouvent leur capacité d’analyse et de proposition d’une solution.

Il n’y a ni magie ni sorcellerie là-dedans, juste du bon sens.

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