Blog de Francette

“Je doute et je m’écarte !”

“Je doute et je m’écarte !”

Jeudi dernier, le chef de l’État Emmanuel Macron a souhaité marquer les esprits en renouant, sous une forme longue, avec l’exercice traditionnel de la conférence de presse au palais de l’Élysée.

Jeudi dernier, le chef de l’État Emmanuel Macron a souhaité marquer les esprits en renouant, sous une forme longue, avec l’exercice traditionnel de la conférence de presse au palais de l’Élysée. Les annonces les plus concrètes ont porté sur le plan institutionnel, comme par exemple une réforme complète du Conseil économique, social et environnemental (CESE), l’introduction d’une dose de proportionnelle aux prochaines élections législatives ou encore la réduction du nombre de parlementaires. Pour le reste, le flou a dominé, renvoyant au premier Ministre le soin de préciser tout cela.

Une séminaire gouvernemental vient donc de se tenir, accouchant d’un calendrier et les missions de chaque ministre. Cependant, au-delà de cette agitation, le sentiment de déception perdure.

Ne nous y trompons pas : ce n’est parce pas que le nombre de Gilets jaunes dans les manifestations a baissé que la colère s’est apaisée. Tout comme ce n’est pas parce qu’outre-mer, ce mouvement national n’a pas trouvé écho que la situation est ici sous contrôle.

A y regarder de près, “je doute et je m’écarte !” comme a si bien exprimé Clément Choisne, jeune ingénieur de Centrale Nantes, lors de sa remise de son diplôme en novembre 2018. Le temps fleure bon la désobéissance civique.

Inégalités

Lors de cette conférence de presse, dans son long propos liminaire, le président Emmanuel Macron a en outre prononcé la phrase suivante : “Les vraies inégalités ne sont pas fiscales. (…) Les vraies inégalités sont les inégalités d’origine, les inégalités de destin, les inégalités à la naissance.  Cette pensée, ahurissante, Emmanuel Macron l’a de longue date.

Très opportunément, Raphaël Gluscksmann nous l’a remis en mémoire dans son dernier ouvrage “Les enfants du vide”, p36. Il écrit : “Un jeune et prometteur ministre de l’Economie d’un gouvernement socialiste nommé Emmanuel Macron déclara devant un parterre de fidèles à Bercy : “Le consensus de 1945 est inadapté”. Cette position vient de loin. A la même page, la tête de la liste Place publique aux prochaines élections européennes rappelle que Denis Kessler, ex-numéro 2 du Medef, ne disait pas autre chose en 2007, soit dix années plus tôt !

M. le Président, vous vous trompez ! Ce sont les inégalités fiscales qui creusent les inégalités sociales.

La vérité peut être tordue dans tous les sens, à un moment, elle se remet toujours à l’endroit. L’histoire est grosse de civilisations qui se sont effondrées sur elles-mêmes et de colères déterminées des peuples qui ont renversé des édifices que certains pensaient définitivement scellés.

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