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Dette privée : côte d’alerte

Dette privée : côte d’alerte

La Banque de France a tiré la sonnette d’alarme sur la montée de la dette privée.

La Banque de France a tiré la sonnette d’alarme sur la montée de la dette privée. Depuis 2009, le taux d’endettement des ménages et des entreprises a augmenté de 20 points, passant de 112% du PIB à 132,3% du PIB à fin 2018, une tendance à contre-courant de celle observée dans le reste du monde. Sur la même période, la zone euro s’est désendettée de 10 points, les États-Unis de 15 points, et le Royaume-Uni de 29 points. Avec plus de 3000 Md€ de dettes privées, les marges de manœuvre de l’économie française sont compromises. Elle se retrouve d’autant plus fragilisée que le secteur public ne peut pas jouer le rôle d’amortisseur, puisqu’il totalise un endettement supérieur à 98 % du PIB, soit 2300 Md€. Dans son rapport, la Banque de France distingue la bonne dette de la mauvaise. La bonne est celle des sociétés innovantes créant le tissu économique de demain. En revanche, la Banque de France est plus sévère envers les entreprises finançant des projets peu rentables. Pour elle, les investissements à faible taux de rendement ne devraient jamais être entrepris même si les conditions d’emprunt sont avantageuses. La Banque de France s’inquiète donc de la solvabilité des emprunteurs et d’une potentielle vague de défauts en cas de choc macroéconomique. Selon elle, ce ne sont pas les charges d’intérêts qui poseront problème puisque les taux devraient rester bas à long terme, mais davantage la capacité des organismes privés à rembourser le capital. Cette situation alarmante ne risque pas de s’améliorer, car les taux d’endettement ont peu de chances de revenir à des niveaux soutenables dans un contexte où l’octroi de crédits est facilité, avec les directives de la Banque centrale européenne, qui incitent les banques de détail à augmenter leurs volumes de prêts afin de soutenir l’inflation.

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