Editorial

Elections

Désenchantement enchanté

Désenchantement enchanté

Les populations reprennent leur liberté. Simplement !

Les résultats des élections laissent groggy, même s’ils ne viennent que confirmer l’impression de ras-le-bol qui flottait depuis un moment sur nos territoires et qu’aucun sondage ne parvient à exprimer. Les techniques prédictives ne peuvent visiblement pas grand-chose quand l’être humain décide de reprendre sa liberté.

Car c’est à cela que nous avons assisté lors du premier tour : 65,21 % des Guyanais, 69,15 % des Guadeloupéens et 68,29 % des Martiniquais ont vaqué à leurs autres occupations, et ce sans débordements.

Personne dans les rues, aucun cri de colère, aucune frustration exprimée : rien ! Ils ont tourné le dos. Ils ne sont simplement plus là ! Ils laissent entre eux ces politiques souvent de longue date, ces anciens amis de 30 ans, se battre pour un os déjà complètement rongé.

Les Guyanais, les Guadeloupéens, les Martiniquais n’ont définitivement plus confiance en ce système qui fait le pari de la souffrance du plus grand nombre sur des éléments pourtant essentiels, comme l’eau, l’alimentation, les déchets, les déplacements, l’habitat, le savoir… Et ce au profit de quelques-uns qui en profitent jusqu’à l’indigestion. Pendant ce temps, le judiciaire regarde ailleurs.

Et un désenchantement enchanté se découvre au détour des conversations :

Question : “Vous êtes allé voter ?

Réponse : “Non !

Question : “Le résultat du vote change-t-il quelque chose à vos projets ?

Réponse : “J’y ai réfléchi et ma réponse est non !

Ce dialogue, je l’ai eu toute la semaine d’entre deux tours, en faisant les courses au marché, dans quelques boutiques, à l’aéroport… question de prendre le pouls.

J’ai ainsi eu la confirmation que, pendant que les politiciens se répartissent les places, le peuple est ailleurs, à ses affaires. Et celles et ceux qui m’ont répondu ne paraissaient nullement inquiets ou troublés : ils semblaient plutôt avoir la certitude que quelque soit ce qui allait se passer, ils ne trouveront pas une, mais des solutions !

Je vous le dis, un changement d’époque : je découvrais, un peu ébahie, la fin de l’attente que les autres fassent pour soi ! Une joie a alors commencé à naître au fonds de mon cœur et a explosé dans un grand éclat de rire avec le quinzième interlocuteur !

Ces quelques rencontres n’ont bien sûr aucune valeur de sondage, elles créent juste le sentiment que quelque chose qui vient de loin est en train d’arriver.

Cet effondrement de système est aussi un bol d’air frais : c’est le signe que chacun prend conscience de la nécessité de reprendre sa part à l’ouvrage, et que, loin des partis, l’ère des personnes de bonne volonté est venue !  

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