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Découverte

Découverte

Geoffroy Roux de Bézieux a découvert les particularités des Antilles-Guyane en termes de délais de paiement et d’enclavement. Que font ses adhérents de ces régions ?

Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Médef, a fait une tournée remarquée en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. Remarquée, parce que c’était son premier déplacement outre-mer. Remarquée encore parce qu’il semblait découvrir l’organisation économique de l’outre-mer, et singulièrement des Antilles-Guyane. A savoir une extrême dépendance à la commande publique et une situation hors norme en termes de délais de paiement de la part des collectivités. : trois voire quatre ans, alors que la Loi pour la modernisation de l’économie (LME) de 2008 fixe le délais maximum pour les collectivité à 45 jours voire 60 jours maximum. Stupéfait devant l’étendu du problème, Geoffroy Roux de Bézieux a même parlé de cavalerie…

Délais de paiement

C’est comme si, au sein de cette grande organisation patronale, il n’y avait aucun représentant de l’outre-mer, ce qui est inexacte : les plus influentes entreprises locales y sont adhérentes. Ou alors, qu’aucune transmission de dossiers et aucun suivi n’étaient effectué d’un président à l’autre. Pierre Gattaz, président du Médef, prédécesseur de Mr Roux de Bézieux, était en Martinique en 2014 : les problèmes de délais de paiement étaient déjà criants, mettant au tapis nombre d’entreprises, et l’enclavement des territoires français d’Amérique est de longue date un frein au développement du business dans la zone.

VRP

Donc, la main sur le cœur, Monsieur Roux de Bézieux s’est déclaré désormais au fait de tous ces problèmes et, croix de bois/croix de fer, il se transformera en meilleur VRP des outre-mer, notamment des Antilles-Guyane. Dont acte.

Durent cette même visite, devant la situation financière catastrophique des communes de Guadeloupe, détaillée par le directeur de la Caisse générale de Sécurité sociale de ce territoire – celles de la Martinique et de la Guyane ne sont pas en meilleure santé -, un jeune start-upeur,  s’est esclaffé : “Quand on voit cette situation, nous jeunes, nous nous disons que nous ne pouvons vraiment pas faire confiance aux aînés et que définitivement, et en tant qu’entrepreneurs, nous ne devons pas travailler avec les collectivités !” Les quelques rires gênés et applaudissements qui ont salué cette conclusion lucide laisse cependant un goût amer.

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