Économie

Contribution logement

Action Logement : la mise à mort ?

Action Logement : la mise à mort ?

Raison de plus pour que les secteurs du BTP de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane cessent de  tergiverser et se mettent en ordre de marche pour capter les 900 millions d’euros qui doivent y être dépensés dans les deux ans !

Action logement verra-t-il ses moyens drastiquement diminués par Bercy, voire disparaîtra-t-il purement et simplement ?

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et de la Relance, a tenu hier soir avec son collègue Emmanuelle Wargon, ministre du Logement, une réunion dont le sujet était de diminuer à 0,20% voire de supprimer la contribution obligatoire des employeurs de 0,45% de la masse salariale qui sert à financer Action Logement.

Cet organisme paritaire ancien 1% Logement gère en effet les fonds de la participation des employeurs à l’effort de construction (PEEC) prélevée sur la masse salariale des entreprises de plus de 50 salariés, ce qui lui rapporte 1,7 milliard d’euros par an.

Coup de grâce

Bien que son patrimoine soit réduit aux Antilles-Guyane (22 457 logements aux Antilles françaises uniquement), Action Logement est le plus grand propriétaire de HLM de France avec près d’1 million de logements, soit 20 % du parc national. Le niveau de la cagnotte d’Action Logement est connue depuis fin 2019 : le bilan consolidé du groupe s’élevait à 88,4 milliards d’euros, sa trésorerie à 9 milliards d’euros et sa trésorerie augmente de 700 millions d’euros par an !

Bercy avait déjà porté deux coups à ce pactole : une première ponction de 500millions d’euros en juillet 2019 et 1,3 milliards d’euros prévu dans le Projet de loi de finance de 2021. Cette diminution voire cette suppression de la PEEC risque donc être le coût de grâce porté à cet organisme paritaire statutairement présidée par le Medef.

On comprend mieux pourquoi Action Logement, pour ne pas se faire “piquer tout son pognon” a lancé des travaux sur le parc des bailleurs sociaux à hauteur de 9milliards d’euros au niveau national et de 1,5milliards d’euros pour l’outre-mer. Tout cet argent, Bercy lui a donné deux ans pour les dépenser, soit avant 2022 ! Raison de plus pour que les secteurs du BTP de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane cessent de  tergiverser et se mettent en ordre de marche pour capter cette manne.

Depuis quelques mois, Bercy travaille en effet à déconstruire la PEEC, déjà en faisant passer les entreprises cotisantes de plus de 20 à plus de 50 salariés, ce qui a produit 400M€ de moins dans les caisses d’Action Logement par an depuis deux ans. Cette nouvelle réduction de ses moyens  ressemble fort à une mise à mort !

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