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4G : au secours, Free Mobile arrive !

4G : au secours, Free Mobile arrive !

L’Arcep compte sur cet opérateur pour dynamiser les marchés des Antilles françaises et de la Guyane. Après deux années d’attente, l’Arcep a fait le choix d’introduire un quatrième opérateur télécom aux Antilles-Guyane.

L’Arcep compte sur cet opérateur pour dynamiser les marchés des Antilles françaises et de la Guyane. Après deux années d’attente, l’Arcep a fait le choix d’introduire un quatrième opérateur télécom aux Antilles-Guyane.

Cela fait deux ans qu’ils l’attendent ! En cœur, tous les opérateurs télécom actifs aux Antilles-Guyane ont eu ce souffle de puissant soulagement qu’enfin l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) se soit décidée à attribuer les fréquences pour la 4G dans la Caraïbe française et en Guyane. La 4G est en effet une vraie mutation technologique : désormais, communication et surtout la data passeront par Internet, augmentant ainsi les capacités et la puissance. Ce soulagement est cependant de courte durée : Free Mobile arrive avec la 4G, ce qui ne semble arranger personne. Il y en a qui ne veulent même par prononcer le nom de cette marque, voire qui sont aux abonnés absents, tant les positions et éléments de langage ne sont pas encore stabilisés.

Seul Orange Caraïbe, sorti premier dans tous les territoires, affiche son clair optimisme et annonce ces offres pour le 1er décembre 2016 : “Nous sommes prêts. Nous avons même obtenu de l’Arcep la possibilité de tester la 4G sur notre réseau avec notre personnel des Antilles-Guyane depuis un an”, explique Vincent Poujol, directeur général d’Orange Caraïbes. L’opérateur se déclare en train de faire les derniers réglages entre ses pilonnes et les portables de ses clients. “Nous affinons les réglages d’antenne, des cartes logiciels et les débits de fibres optique”, poursuit-il. Ces derniers mois, Orange Caraïbes a en effet acheté de la capacité dans les câbles sous-marins de la région, la concurrence ayant fait passer le prix du megabit de 1600€ à 60€ !

Free Mobile en cheval de Troyes

Cette première position permet à l’opérateur historique de choisir sa fréquence : ce sera 800 MHz. “Sur cette fréquence, nous aurons la meilleure couverture du territoire et ces ondes fonctionnent mieux dans les maisons”, poursuit-il. Comment Orange Caraïbes apprécie l’arrivée de Free Mobile ? L’opérateur observe juste que l’Arcep n’a pas, pour l’instant, obligé d’opérateur local à héberger Free Mobile sur son réseau comme cela s’est produit voilà quatre ans sur le continent, où Orange avait dû le faire. La question demeure cependant ouverte puisque les trois premiers opérateurs retenus devront faire des offres 4G dans les six mois… dont Free Mobile notamment en Guadeloupe, en Martinique, à Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Même si les opérateurs téléphoniques locaux sont pour l’heure peu loquaces, la manière dont l’Arcep a attribué les fréquences donne déjà le là : l’Autorité se sert de Free Mobile comme d’un cheval de Troyes pour pulvériser des positions établies et faire baisser les marges. Elles sont entre 40 et 50% chez Digicel, Outremer Telecom et Orange Caraïbes.

L’Arcep reconnaît que Free n’a pas de réseau déployé localement : elle fait le pari que le groupe Iliad va bien investir les 10 M€ annoncés. Or, même en ayant la volonté, il faudra du temps, car on est sur un volume de 400 relais minimum à déployer en Martinique (150), en Guadeloupe (150) et en Guyane (100). En revanche, l’Arcep mise sur la capacité de Free Mobile à stimuler les marchés : c’est sur ce critère que la filiale d’Iliad a été le mieux noté partout. Maintenant, le groupe est attendu tant par les opérateurs locaux, les clients et les politiques : “Nos marchés ont trop connu d’annonces tonitruantes de nouveaux opérateurs dans beaucoup de secteurs qui sont demeurées lettres mortes : il ne faudrait pas ce soit la même chose avec Free Mobile”, espère Eve Riboud, directrice de Dauphin Télécom, sorti en quatrième position à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Sur ces deux territoires opéraient déjà quatre opérateurs dont United Telecommunication Services Caraïbe qui n’a pas été retenu pour la 4G, une situation qui fragilise l’entreprise qui propose de la téléphonie mobile dans ces territoires depuis 2000.

Un quatrième opérateur en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane est en revanche la vraie nouveauté. Sur ces marchés matures dont les prix sont en tendance baissière, le choix de l’Arcep peut entraîner des restructurations. Beaucoup s’attendent en outre à ce que Free s’intéresse à autre chose qu’au mobile… Les cartes seront donc forcément rebattues dans les prochains mois !

 

Les critères de l’ARCEP

Pour juger les dossiers, l’Autorité de régulation des télécommunications électroniques et des postes (Arcep) a retenu quatre critères : la sauvegarde de l’ordre publique, la bonne utilisation des fréquences, la capacité technique et financière à faire face aux obligations précisées dans l’appel d’offres.

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