Editorial

Libération de l’esclavage/extrême droite, même combat ?

Libération de l’esclavage/extrême droite, même combat ?

Nous sommes à l’apogée de l’inconséquence des dirigeants durant les trente dernières années.

Quelquefois, il est des télescopages dans l’histoire qui poussent à la réflexion profonde. Que la Guadeloupe, la Guyane et dans une tout juste moindre mesure la Martinique se réveillent, durant la  même semaine de commémoration de la libération de l’esclavage, avoir voté pour l’extrême droite aux élections européennes  est confondant. C’est comme si, au fil du temps, tout se vaut et plus rien n’a d’importance, plongé désormais qu’est chacun dans la seule limite de sa petite histoire personnelle.

Oubliée la construction encore nécessaire dans ces régions d’un monde plus vivable pour le plus grand nombre, oubliée aussi la jeunesse. Nous sommes à l’apogée de l’inconséquence de nos dirigeants durant les trente dernières années !

Confiance

Quand on voit cette situation, nous jeunes, nous nous disons que nous ne pouvons vraiment pas faire confiance aux aînés !” : cette phrase a été prononcée par un jeune chef d’entreprise lors de la visite de Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, après le détail de la situation financière catastrophique de la majorité des communes de Guadeloupe par le directeur de la Caisse générale de la Sécurité sociale. Elle n’incite ni à rire ni à applaudir. La situation de celles de Martinique et de Guyane n’est pas meilleure.

Les scores de l’extrême droite dans des territoires d’outre-mer d’Amérique, en pleine recherche de leur second souffle économique, démontrent que le manque de vision partagée est toujours mortifère.

En Guadeloupe, ce score démontre qu’avoir la perspective d’un milliard d’investissement dans les prochaines années n’est pas suffisant pour faire rêver, faire revenir la confiance et redonner l’envie.

En Guyane, encore un milliard d’investissement dans les tuyaux qui là aussi n’empêche pas la désespérance au quotidien.

En Martinique, enfin, le manque de perspective, aussi bien économique que politique,  est un terreau favorable au repli sur soi.

Que penser en outre du taux d’abstention dans les trois territoires, révélant là encore le manque de discours clair des politiques sur la vraie importance des fonds européens dans ces régions ? Sortir des atermoiements est définitivement indispensable !

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