Ethique, moral et valeurs
Pour Pierre-Yves Chicot, les candidats à l'élection présidentielle devraient en être plus soucieux.
Au cœur de la campagne pour l'élection présidentielle, les bataillons sont en ordre de marche les armes sont fourbies et les stratégies peaufinées au fur et à mesure des circonstances. Les mots ont aussi une place de premier choix, car ils sont les ferments de l'argumentaire qui emportera in fine la conviction du plus grand nombre. Les mots peuvent caresser, tancer, narguer, défaire, décevoir, encourager, flatter, faire rire et faire pleurer. Dans un contexte aussi important que celui du plus grand rendez-vous démocratique de la République, l'élection du chef de l'Etat, les mots expression du langage de la vérité, ou révélateurs de l'art de l'insincérité, ont du sens. A la Réunion, les rues flambent autant que les prix qui en sont à l'origine. Aux Antilles et en Guyane, la violence sous toutes ses formes rythme les journées et les nuits disputant la vedette à bien d'autres maux. Dans des provinces hexagonales, des industries implantées agonisent, réclamant d'être délocalisées pour ne pas mourir.
Culture de l'éthique
Dans le for intérieur de cette réalité, les électeurs potentiels ou réels attendent que les postulants à la sérénissime fonction, ainsi que leurs affidés, fassent montre, même a minima, d'une culture de l'éthique, de la morale, une culture des valeurs. La morale. Elle a une origine transcendante, exogène et émane de structures sociales, culturelles, étatiques, professionnelles qui dépassent l'individu. L'éthique. Celle-ci a une origine immanente, endogène et puise ses références dans les idéaux que l'individu adopte à titre personnel. Les valeurs. Dans son acception actuelle la plus générale, un dictionnaire encyclopédique rapporte que le terme valeur, "s'applique pour désigner la qualité de quelqu'un ou de quelque chose en tant qu'elle fait l'objet d'une appréciation. Mais il s'emploie souvent avec l'idée de degré, la valeur d'une personne, d'une action, d'une performance, d'un objet, d'une œuvre pouvant être considérée comme plus ou moins grande".
Sorti des considérations philosophiques, somme toute nécessaire à la rigueur de la réflexion, les citoyens qui investissent les gouvernant du sceau sanctificateur tiré du suffrage universel, attendent de ceux-ci, qui ne sont encore que des récipiendaires, tout simplement de la tenue. La tenue, dans pareille situation pouvant équivaloir à avoir la capacité à discourir pour le plus grand nombre. La tenue est dictée par la Constitution elle-même. Celle-ci indique que "le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État". En d'autres termes, le texte constitutionnel intime, a priori aux candidats, l'ordre de démontrer leur capacité à être rassembleur, en portant avec aisance le costume d'arbitre au- dessus de tout conflit partisan. C'est une sorte de morale qui émane par conséquent directement du texte fondamental. Sur le plan pratique, il apparaît que le postulant et ses porte-parole qui ne seraient pas en mesure de faire preuve de telle qualité montreraient des signes manifestes de disqualification. Au-delà des vertus dont doivent se parer les candidats pour accéder à la magistrature suprême, la morale constitutionnelle met l'accent sur la philosophie de l'égalité au fondement de la République.
Entre loup et dieu
Par delà les frontières nationales, l'esprit révolutionnaire qui guide cette philosophie de l'égalité considère que tous les hommes ont une valeur intrinsèque. C'est sur ! L'inhumanité peut être à la mesure de l'humanité. Mais, elle n'est pas consubstantielle à une catégorie d'hommes, mais à tous les hommes. C'est Hobbes qui reprenant Plaute dira : "L'homme est un loup pour l'homme à l'état de nature et un dieu pour l'homme à l'état social". L'homme peut être tantôt loup, tantôt dieu. Certains hommes ne sont pas tout le temps des dieux et d'autres tout le temps des loups. L'état de nature et l'état social fluctue au gré des humeurs de l'histoire. Enfin, l'éthique de la responsabilité développée par Max Weber puis par Hans Jonas, incline les uns et les autres à un devoir inconditionnel de la préservation. La préservation du monde, la préservation aussi, en tout temps de la morale, de l'éthique et des valeurs.


Gémo, structure de manutention portuaire créée en 2010 suite au regroupement de Manumar exsangue et Générale Manutention Martinique-SP (GMM-SP), filiale de CMA-CGM, est de nouveau au bord de la cessation de paiement.
Le point de vue d'Hélène Gebhardt, médiateure, magistrate honoraire
















































