La médiation et sa définition
Les vacances sont souvent propices à la réflexion. L’exercice auquel je me suis livrée durant l’été en séminaire avec quelques autres : définir le mot “médiation”.
L’exercice peut paraître simple de prime abord, cependant, il nécessite extrême clarté et et sobriété d'expression. Voilà où nous en sommes arrivés
La définition de la médiation la plus courte que nous connaissons tient en cinq mots : c’est un “dialogue facilité par un tiers”. Sa concision la rend réductrice.
Nous l’avons complétée d’autres définitions existantes : il y en a beaucoup. En premier lieu, celles des dictionnaires:
Pour le Robert, la médiation c’est “l’entremise destinée à mettre d'accord, à concilier ou à réconcilier des personnes, des partis (sans e)”. En second lieu, c’est “le fait de servir d'intermédiaire”.
Le Larousse lui, considère que c’est une “entremise destinée à amener un accord, arbitrage”, ou encore une “procédure de règlement des conflits qui consiste dans l'interposition d'une tierce personne (le médiateur) chargée de proposer une solution de conciliation aux parties en litige”.
Que d’inexactitudes pour un médiateur !
D’une part, parce qu’un arbitre peut se définir comme étant un juge privé qui impose sa solution alors que le médiateur fait en sorte que les personnes s'expriment et s'écoutent vraiment ; d'autre part, parce que le médiateur ne propose rien à la différence du conciliateur.
Nous avons ensuite tenté de définir les concepts proches.
Tout d’abord, la conciliation : 'c’est un “mode de résolution amiable des conflits en présence des disputants sous l'autorité d'un tiers aviseur”. Quant à la négociation, c’est un “mode de résolution amiable des conflits en présence ou non des personnes concernées par l'intermédiaire ou non d'un tiers”.
Enfin, nous avons fait des incursions vers la définition acceptée par un autre pays francophone, en l’occurrence la Suisse. La médiation y est définie comme “un processus généralement volontaire de traitement des conflits dans lequel un tiers extérieur dûment formé assiste les parties au conflit afin qu'elles trouvent un accord satisfaisant pour elles”.
Ce travail de recherche de définition partagée peut paraître fastidieux, mais c’est, selon nous, la condition pour que nous parlions le même langage.
Cinq idées forces en ont résultés :
- premièrement, que la médiation est non seulement curative mais peut aussi être préventive de conflits ;
- deuxièmement, que la médiation requiert une volonté commune de travailler ensemble ;
- troisièmement, que la médiation nécessite la présence d'un tiers neutre et indépendant, formé ;
- quatrièmement, que la médiation se fait en présence des disputants qui ont un rôle actif ;
- cinquièmement enfin, que la médiation passe par un réel dialogue et non par des monologues juxtaposés.
Pour être le plus succinct possible en retenant ces cinq caractéristiques, la médiation est selon notre petit groupe d’experts un ”mode coopératif de prévention des conflits et de leur règlement amiable par les personnes ou les parties elles-mêmes grâce au dialogue facilité par une personne qualifiée”.


Concentrés que nous sommes sur la formation du gouvernement français après l'alternance survenue le 6 mai dernier, nous en négligeons ce qui se passe dans notre région.






































