Décolonisation
Des traces de l'Histoire resurgissent à des moments les plus inattendus. Alors que de plus en plus de Caribéens souhaitent développer des liens et donc du business dans leur zone éclatée renfermant plus de 65 millions d'habitants,
tous butent sur la difficulté indéniable de se déplacer. De nombreuses entreprises privées ou publiques de transport, notamment aérien, se sont épuisées à contourner cette impossibilité. Elles n'ont sans doute pas pris le temps de démonter les mécanismes en vigueur qui garantissent l'impossibilité. Surtout, elles ont brûlé les étapes dans la construction de ces nouveaux liens.
En effet, la zone Caraïbe est la seule zone géographique au monde où l'avion a été le premier mode de transport utilisé pour son trafic régional. Cette originalité est le résultat d'une répartition de cet espace entre quatre grandes puissances conquérantes (Angleterre, France, Hollande, Etats-Unis) qui ont d'abord organisé les liens entre leurs métropoles et ces îles plus ou moins grandes qu'elles considéraient au mieux comme leurs lieux de production de richesse à la grande époque de l'industrie sucrière, ou au pire, comme des espaces privilégiés de villégiature pour leurs classes dirigeantes. Se déplacer entre les îles, donc par avion, était alors réservé aux personnes aisées, dans un espace aérien strictement réglementé bien loin de la Caraïbe.
C'est toujours le cas aujourd'hui. C'est cette phase de "décolonisation" finale du ciel qui doit s'achever, non pas en ordre dispersé, mais de manière coordonnée si les Caribéens veulent vraiment retrouver la possibilité de se déplacer dans leur zone en y développant une véritable stratégie industrielle. Les évolutions techniques (taille des avions, mode de propulsion avec évolution du fuel vers le solaire) rendent possibles une baisse significative des coûts. Ayons en tête qu'un trajet Paris/Antilles coûtait l'équivalent de deux ans de SMIC en 1964, alors qu'il ne vaut plus que deux à trois mois du salaire minimum aujourd'hui.
Pour comprendre la situation et les enjeux, nous publions les bonnes feuilles d'un ouvrage en deux tomes écrit par Jean Crusol, économiste passionné par les économies insulaires de la Caraïbes, à paraître dans les prochaines semaines (p44). Reste maintenant à travailler, partout, avec détermination pour changer cela. Sinon le développement endogène ne restera qu'une belle expression.
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Ya comme un vent nouveau qui souffle sur les ports des Antilles-Guyane : d'élections en élections, la Coordination nationale des travailleurs portuaires d'Atlantique (CNTPA) avec ses sections Guadeloupe, Guyane et Martinique est en train de tailler des croupières aux syndicats historiques
Le point de vue d'Hélène Gebhardt, médiateure, magistrate honoraire
“Nous travaillons sur des solutions efficaces pour faire basculer les équipes et la Martinique vers la nouvelle collectivité : l'objectif est de mieux fonctionner !”
















































