Prix Inter-Entreprises du manager Antilles-Guyane 2011 : le Palmarès
vendredi 2 décembre à 18 h à la Cité administrative du Conseil régional, en Cayenne, le Prix Inter-Entreprises du manager Guyane a été décerné. En présence des délégations de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane en travaux à l'hôtel de Région dans le cadre de l'Union régionale Antilles-Guyane (URAG), la salle des délibérations du Conseil régional de Guyane était pleine d'entrepreneurs venus assister à cette Fête de l'entreprise aux Antilles-Guyane ponctuée par les virgules musicales du Labonne'Group !
1er Prix Inter-Entreprises du Manager Antilles-Guyane, Manager de l'Année 2011 : José Jacques-Gustave, Pdg de G2J.
José Jacques-Gustave est né en Martinique où il termine ses classes au lycée Bellevue. Il enchaîne avec un BTS action commerciale en Normandie, promotion parrainée par Claude Bébéar, alors patron des Mutuelles-Unies devenues AXA.
L'organisation au château des Mutuelles Unies d'une soirée sur la défiscalisation naissante et un stage chez Chanflor qui lui vaudra un 20/20 à l'oral à l'épreuve orale de marketing coefficient 6, sont les faits d'armes de José Jacques-Gustave durant son cursus.
Diplôme en poche, il revient en Martinique, travaille trois mois chez Chanflor, vend quelques portails électriques et dispositifs d'énergie solaire et intègre la BNP. Il en fait le tour, pense à Bata, mais décide de lancer sa entreprise, comme l'avait suggéré son parrain de promotion Claude Bébéar .
Pour José Jacques-Gustave, ce sera G2J Conseil. Il aura même comme client Monseigneur Marie-Sainte, évêque de la Martinique, passionné des technologies de communication.
La déréglementation des télécoms se profile. Un voyage aux Etats-Unis et la lecture d'une brève dans la presse locale annoncent le courtage téléphonique permettant de contourner le monopole d'Orange.
La petite société se positionne et fait en 2000 sa première levée de fonds auprès de la famille : 100 000 € pour devenir G2J.COM et proposer la fourniture de solutions de réunions à distance en Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion.
Après une mission avec Ubifrance au Brésil et en Chine en 2003, G2J choisi de s'installer en 2004 en France, à Londres et à Shangai.
Deuxième levée de fonds en 2008, cette fois auprès de la société de capital risque local Sagipar, et une troisième auprès de Citizen Capital, fonds d'investissement sociétal, qui y a détecté une pépite. Et c'en est une : G2J a représenté la France au récent G20 des entreprises.
2e Prix Inter-Entreprises du Manager Antilles-Guyane : Maud Lurel, gérante de L'Eleveur/Cochon Pays Guadeloupe
Originaire de Pointe-à-Pitre, Maud Lurel intègre l'Ecole supérieure libre des sciences commerciales appliquées de Paris après une classe préparatoire en Guadeloupe. Son diplôme en poche, elle est embauchée à la BNP-Paris en tant que chargée d'affaires pour les professionnelles. Cela se passe plutôt bien pour elle, même si elle est consciente que la banque est un monde très formaté.
Au bout de deux ans, elle passe quelques vacances en Guadeloupe, prospecte auprès des banques locales et est chassée par son père qui lui propose de prendre la direction de la SARL qu'il a créée pour écouler sa production porcine.
Elle hésite un peu, mais la décision est rapide : travailler avec son père, Maud Lurel a toujours su que cela arriverait, elle qui, petite, était toujours fourrée dans les exploitations de cet entrepreneur né !
Les débuts n'ont pas été simples : il fallait gagner ses gallons, d'un côté, auprès des salariés qui étaient principalement des hommes, tous plus âgés qu'elle et qui l'ont connu gamine ; et de l'autre, face aux acheteurs de la grande distribution qui pensaient pouvoir ne faire qu'une bouchée de ce petit bout de femme trop coquette dans cet environnement sanguinolent !
C'était mal la connaître : en interne, elle a vite démontré qu'elle connaissait son produit et qu'elle était capable de prendre des décisions pertinentes rapidement.
En externe, elle a vite assuré seule les rendez-vous avec les acheteurs en défendant bec et ongles les intérêts de la société.
3e Prix Inter-Entreprises du Manager Antilles-Guyane : Franck Ho Wen Szé, gérant de Sélite.
Franck Ho Wen Szé, souffrant, étant représenté par son assistante.
Né à Sinamary, après ses études primaires à Cayenne, Franck Ho Wen Szé part en métropole passer son baccalauréat de génie civil au lycée professionnel EBTP de Vincennes à Paris. Cette formation n'était pas dispensée en Guyane. Il la complète d'une année supplémentaire d'études pour obtenir une option architecture. Son diplôme en poche, il retourne en Guyane, intègre en tant que technicien dessinateur Garczynski & Traploir, filiale de Vinci Energies représentée par Getelec Energies en Guyane.
Il y reste quinze ans en devenant successivement conducteur de travaux puis responsable d'affaires.
En 2005, une divergence profonde avec son directeur de l'époque l'incite à lancer son entreprise. Jean-Claude Bordeau, conducteur de travaux chez Getelec, décide de tenter l'aventure avec lui ainsi que plusieurs membres de son équipe d'alors. Selite, Société d'exécution de lignes et d'inter travaux électriques, prend ses quartiers à Desgras-des-Cannes.
Dès 2005, Selite emporte son premier marché avec EDF grâce au passage avec succès par Franck Ho Wen Szé et ses six collaborateurs du plan de relevé d'aptitudes. C'est le sésame pour travailler avec EDF. L'énergéticien lui confit une première fois pour deux ans l'entretien et la construction de réseau électrique dans toute la Guyane.
Preuve du sérieux et de la qualité de son travail, Sélite vient de nouveau de se voir renouveler pour la quatrième fois ce marché toujours pour une période de deux ans.
Par ailleurs, la société gagne ses lettres de noblesse auprès des donneurs d'ordre locaux, qu'ils soient publics ou privés : l'électrification du parking du Carrefour de Matoury est signé Sélite !
Au fil des ans, le chiffre d'affaires se développe ainsi que le nombre de salariés : pour inscrire Sélite dans la durée, Franck Ho Wen Szé applique à la lettre les bonnes méthodes mise en place par le grand groupe qu'il a quitté : analyse de chantier, sélection de clients, procédure qualité et sécurité, etc. Il s'entoure de conseillers spécialisés.
Le Prix Inter-Entreprises se sont aussi des prix particuliers qui récompenses les performances à l'Export, d'Avenir, d'Innovation
Prix Inter-Entreprises Export : José Jacques-Gustave, Pdg de G2J
Sur les huit entreprises candidates, G2J est celle qui réalise le plus de création de valeur à l'export avec ses filiales en Chine, à Londres et bientôt aux Etats-Unis.
Prix Inter-Entreprises Avenir : Dr Henry Joseph, gérant de Phytobôkaz
Sur les huit entreprises candidates, Phytobôkaz est celle qui a le plus fort potentiel dans les 5 ans en termes de croissance aussi bien de personnel que financière.
Originaire de Trois-Rivières, en Guadeloupe, Henry Joseph rêve de devenir ingénieur agronome. Le décès prématuré de son père et le manque de place dans la maîtrise de sciences et technologies agroalimentaires qu'il envisage changent ses plans : il fera des études de pharmacie, mais sans perdre de vue la faune et la flore tropicale.
Pendant ses études, en 1983, on le retrouve avec quatorze autres chercheurs caribéens à l'origine de la création du réseau Tramil, réseau spécialisé dans la recherche sur la pharmacopée caribéenne, programme qui est aujourd'hui adopté par les gouvernements de trente pays de la zone... mais pas par la France.
Il poursuit ses recherches notamment sur la plante appelée « Zeb' Charpentier » qui a des propriétés anti inflammatoires et anti-œdèmique.
De retour en Guadeloupe, il croise le Dr Sainte-Luce, flébologue, qui voit dans ses travaux une application immédiate. Ils déposent les brevets et créent ensemble en 1989 HP Santé, première unité de production et de transformation de plantes médicinales locales, qui va commercialiser le gel Bioveine. Mais ils ont raison trop tôt : l'aventure se termine en 1992.
Le Dr Joseph reprend alors la Pharmacie de la Place à Basse-Terre et le Dr Sainte-Luce ouvre Maniokani à Bouillante, un centre de thalassothérapie dont la réputation n'est plus à faire.
Dans son officine, le Dr Joseph poursuit ses travaux sur les plantes locales : corossol, zeb' à pik, galba... Il y vend ses préparations : les clients viennent de partout !
La pharmacie fonctionne bien, mais le Dr Joseph constate qu'il passe plus de temps dans son laboratoire qu'au comptoir. Avec son associé, il décide de vendre.
La plus-value de la vente lui permet de réaliser son rêve : créer un laboratoire de cosmétiques et de médicaments à partir des plantes locales. Phytobôkaz nait en 2006.
Prix Inter-Entreprises Innovation : Roberto Osseux, gérant de Techno Soud
Sur les huit entreprises candidates, Techno Soud est celle qui a fait le plus preuve d'innovation et de découverte de procédés dans le monde pour adapter son offre au marché local.
Née à Cayenne, après son service militaire, il intègre la section ferronnerie de l'Armée, à Fontenay-le-Conte. Il en sort au bout de 18 mois avec un CAP/BEP de soudure.
Roberto Osseux intègre alors pour quatre ans une entreprise devenue Bouygues Construction. Pour parfaire son savoir-faire, en intérim, il sillonne la France au gré des chantiers.
En fait, il prépare son retour en Guyane pour monter son entreprise. C'est chose faite en 1991 dans un garage prêté par son père. L'activité démarre bien : spécialisé dans la soudure de l'inox et de l'aluminium, il participe en tant qu'artisan à la construction de la centrale à hydrogène du CNES.
En 1996, Roberto Osseux achète un terrain dans la zone d'activité de Calmot à l'entrée de Cayenne. Il y construit lui-même la charpente de son hangar de 800m2 où Techno Soud est encore installé aujourd'hui.
Roberto Osseux a toujours eu l'intuition qu'il lui fallait diversifier son activité. Au fil des ans, à côté de la ferronnerie, sont apparus l'automatisme et les dispositifs de contrôle d'accès (de marques italiennes FAAC, Genium, Came et Dierre), la protection sur tous supports avec le revêtement Rhino Linings, concept venu des Etats-Unis qu'il découvre au Surinam ; et surtout, la construction de bennes conçues par lui pour des châssis de véhicules utilitaires toutes marques.
Jusqu'en 2007, Techno Soud vend jusqu'à 90 bennes par an !
Le prix de l'acier s'envolant, fabriquer localement revient trop cher. Roberto Osseux décide alors de trouver un industriel capable d'exécuter ses plans : celui qu'il choisit est en Pologne.
Pendant deux ans, tout se passe bien. Puis, l'entreprise polonaise ferme du jour au lendemain en 2008.
Roberto Osseux doit rapidement trouver une solution : des recherches sur Internet lui font découvrir la Foire Internationale de Canton en Chine. Qu'à cela ne tienne, il y part en avril 2008 accompagné par l'association France/Chine sans frontières basée à Aix-en-Provence. Roberto Osseux y rencontre dix-sept fabricants de bennes !
Il en choisi un et après dix-huit mois d'essais, le premier container de bennes en kit arrive en Guyane fin 2009.
Parallèlement, pour gérer cette croissance et aussi parce que la crise s'annonce, Roberto Osseux entreprend de restructurer Techno Soud : mise en place des tableaux de bord, meilleure maîtrise des charges, sélection de ses clients, réunions quotidiennes de suivi d'activité avec le personnel en début de journée de 15 minutes, etc.


Gémo, structure de manutention portuaire créée en 2010 suite au regroupement de Manumar exsangue et Générale Manutention Martinique-SP (GMM-SP), filiale de CMA-CGM, est de nouveau au bord de la cessation de paiement.
Le point de vue d'Hélène Gebhardt, médiateure, magistrate honoraire
















































