Didier Morisse, gérant de Profil Guyane
Magazine Financement des entreprises
"Anticiper en permanence"
Son p a r c o u r s
Didier Morisse est titulaire d’un BTS de chimie. Agent de maîtrise chez Rhône-Poulenc pendant deux ans, il a appris à manager. Retour aux études pour compléter sa formation d’ingénieur généraliste Cesi (Centre d’étude supérieures industrielles) et à l'institut français de gestion, il a été pendant quatre ans directeur de production d'une cartonnerie, puis d'une papeterie employant 350 personnes. En Guadeloupe, il a été directeur général de Biométal.
PROFIL GUYANE
Création : 2001
Surface : 1 500 m2 + show-room 120 m2
Nombre de salariés : 12
Activités : transformation métallurgique, négoce
Marché : particuliers, artisans, petites entreprises. Guyane, Brésil
Clientèle : particuliers, artisans, professionnels et administrations
Perspectives : Tôle de couverture (18 couleurs, 6 profils, 10 qualité d’acier), panneaux sandwichs, produits isolants, accessoires de finition
Qu'est ce qui vous a poussé à créer votre entreprise ?
J’aime quand les choses progressent, j’aime les challenges. Je voulais prendre un risque, créer quelque chose par moi-même. Pendant un an, j’ai fait un business plan. J’ai étudié le marché en Guadeloupe en Martinique et en Guyane. Je voulais tout mettre de mon côté pour gagner. L’esprit de compétition que j’avais quand je pratiquais le moto cross, je l’ai transféré vers l’entreprise. J’ai choisi le profilage parce que je connais le métier et parce que c’est une activité noble et la Guyane pour son potentiel d’import substitution et sa situation géographique qui en fait une plate-forme pour l’Amérique du Sud.
Quels sont vos atouts ?
La réactivité, le dynamisme dans la gestion et la production. La connaissance du métier et le fait d’avoir fait plusieurs métiers (carton, papeterie), cela me permet de croiser les pratiques, les techniques. Je mets beaucoup d’énergie dans l’animation de l’équipe. Il y a eu beaucoup de turn-over. Aujourd’hui, l’équipe est stabilisée : on finit toujours par trouver les bons hommes pour composer les équipes.
Quels sont les points de votre activité que vous avez toujours eus en ligne de mire ?
Tout est à suivre, les indicateurs de rentabilité notamment. Ma culture a évolué, la gestion n’était pas ma tasse de thé. La veille des nouveaux produits et de l’évolution du marché est également primordiales. Je dépose des marques, des brevets : je blinde tout.
Quelles sont vos recettes pour durer ?
Ne jamais s’appuyer sur ses acquis. Un client en portefeuille aujourd’hui ne le sera pas forcément demain. Il faut en permanence évoluer, se remettre en cause. Si on ne progresse pas, on régresse ou on meurt. Le métier d’aujourd’hui n’est pas celui de demain. Il faut anticiper en permanence. Je dépense beaucoup d’énergie pour communiquer cet état d’esprit.
Quelles sont vos zones de progrès ?
Développer de nouveaux produits pour la Guyane. Pour l’export, il y a beaucoup à faire.
Pensez-vous qu'une entreprise puisse croître indéfiniment ?
Non, perdurer indéfiniment oui, si on est capable de faire les mutations techniques
Y a-t-il un point qui vous préoccupe pour l'avenir ?
Je n’ai jamais été négatif. La Guyane a eu des hauts et des bas. On essaye de maîtriser les paramètres connus. Les paramètre inconnus non maîtrisables ne peuvent se gérer que grâce à l’anticipation. Le portefeuille client de Profil Guyane est diversifié et on est multiproduist, ce qui nous protège des aléas de la conjoncture.
J’ai le sentiment qu’il y a une mutation en cours : les jeunes reviennent aux affaires avec de nouvelles mentalités. Nous sommes à une période charnière : les gens sont plus ouverts côté brésilien et guyanais. Les entreprises brésiliennes viennent en Guyane parce que c’est l’Europe qui les intéressent.
Les élections présidentielles approchent : si vous étiez élu président de la République, quelle serait votre première décision pour dynamiser l'activité économique, pour redonner confiance ?
Les élections présidentielles approchent : si vous étiez élu président de la République, quelle serait votre première décision pour dynamiser l'activité économique, pour redonner confiance ?
C’est très complexe. Il faut des gens moteurs. Peut-être essayer d’insuffler un esprit positif et pas un esprit partisan.


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