Marie-Christine Coffy, gérante d'Acodis
Magazine Financement des entreprises
"La vie est faite d'opportunités"
Son p a r c o u r s
Cette bosseuse a cumulé son poste d’agent commercial et de gérante pendant plusieurs années avant de se consacrer à son entreprise. Après avoir subi un revers dans le domaine de la carterie, elle développe la papeterie. Puis, elle saisit l’opportunité de devenir master franchisé Bic en Guyane : elle double son activité en quatre ans.
ACODIS
Création : 1995
Nombre de salariés : 3
Surface de vente : 20 m2 de show room, 180m2 et un dépôt de 70m2 à Cayenne.
Activité : Gros, demi-gros, détail de produits de papeterie. Articles pour fumeurs et préservatifs.
Marché : Guyane
Perspectives : développer des articles de loisirs créatifs
Qu’est-ce qui vous a poussé à créer votre entreprise ?
Ma première activité a été la carterie, je faisais ça en plus de mon activité d’agent commercial. Mon employeur était au courant. En 1997, un concurrent s’est installé. Heureusement, j’avais développé en parallèle une gamme d’articles de papeterie à la demande de mes clients et j’avais commencé à vendre des stylos, des briquets et des rasoirs de marque Bic. Ma première commande Bic a été de 5000F (762€). En 2001, Bic revoit sa politique de distribution et recherche un master franchisé en Guyane. Mes deux plus gros concurrents ont refusé. Je n’ai jamais compris pourquoi. Moi, j’ai saisi l’opportunité. Je me suis mise à mon compte et j’ai pris un local plus grand en zone franche
La vie est faite d’opportunités. Il suffit de prendre une feuille, de faire les plus et les moins et de rapidement prendre une décision. Au départ, j’ai pris la gérance de la carterie suite à une opportunité et parce que des produits de ce genre n’existait pas en Guyane. Ensuite, je me suis mise à mon compte pour le challenge et pour travailler plus en profondeur le marché.
Quels sont vos atouts ?
La persévérance, ma capacité de travail : j’ai souvent de grosses journées. Je faisais les commandes, les préparations, les livraisons. La capacité à faire confiance, même si quelquefois on tombe sur des personnes pas toujours honnêtes : 90% des personnes sont correctes. L’entreprise a, je crois, les mêmes atouts
Quels sont les points de votre activité que vous avez toujours eus en ligne de mire ?
Le chiffre d’affaires, chaque semaine. En période de rentrée scolaire, deux à trois fois par semaine. Pour la marge, c’est plus délicat, depuis deux ans, nous faisons un point à mi-parcours avec le comptable. Le stock également, l’éloignement nous oblige à surstocker, ce qui pèse financièrement.
Quelles sont vos recettes pour durer ?
Avant Bic, je ne me posais pas la question de durer. Acodis est une petite entreprise avec de petits frais, de petits risques, je ne veux pas m’engager sur des frais qui vont me mettre la pression, même si je trouve qu’on travaille bien sous son emprise, il faut rester sérieux dans la maîtrise des frais fixes et des risques même aujourd’hui qu’on a grandi. Je veux bosser mais sans me surcharger de stress.
Il y a la connaissance du marché où existe une multiplicité de détaillants. Le circuit est tel que çela génère du volume, il faut en être conscient.
Quelles sont vos zones de progrès ?
L’accueil, même si l’espace est très petit. Nous allons refaire l’entrée et mieux mettre en valeur les produits.
Pensez-vous qu’une entreprise puisse croître indéfiniment ?
En Guyane, oui, dans mon secteur oui. La démographie est galopante
Y a-t-il un point qui vous préoccupe pour l’avenir ?
Le départ d’une personne de l’équipe, c’est important de souder l’équipe. Le changement soudain de la politique de distribution de Bic. Il faudrait alors compter sur notre capacité de réaction.
Les élections présidentielles approchent : si vous étiez élue présidente de la République, quelle serait votre première décision pour dynamiser l'activité économique, pour redonner confiance ?
Je crois que j’essaierai de faire comprendre que le travail est valorisant, de redonner le goût et la satisfaction du travail bien fait, quelque soit le métier. Repeindre ma maison me donne autant de satisfaction que de remporter un contrat.


Concentrés que nous sommes sur la formation du gouvernement français après l'alternance survenue le 6 mai dernier, nous en négligeons ce qui se passe dans notre région.
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