David Ribagnac, gérant de Légumes des îles
Magazine Financement des entreprises
"D'abord les opportunités"
Son p a r c o u r s
Cet ancien conseiller financier en projet d’investissement a travaillé pendant dix ans en Métropole. Il est revenu en Guadeloupe en 1997.
LEGUMES DES ÎLES
Création : 1998
Surface : 800 m2
Nombre de salariés : 3
Activités : fabrication et vente de légumes tropicaux cinquième gamme (sous-vide, stérilisé, six mois à un an de DLC). 5 t/ jour
Marché : Martinique, Guadeloupe, métropole
Clientèle : distribution alimentaire
Perspectives : développer l’export, rechercher un partenaire pour développer la commercialisation. Ouvrir le capital pour donner une nouvelle dimension à l’entreprise.
Qu’est-ce qui vous a poussé à créer votre entreprise ?
J’ai toujours eu le goût du terrain, j’en avais assez de mon activité d’analyste : dans le domaine du conseil, on fait souvent des propositions, des analyses mais on voit rarement le résultat. Je recherchais une activité basée sur des matières premières locales. En 1996, je me suis rapproché de l’Apriga suite à une petite annonce. J’ai acheté un projet dont l’analyse des besoins avait été faite. Je l’ai redimensionné et j’ai développé un pilote pour avoir une ligne de production polyvalente. J’ai choisi ce projet parce que personne ne l’avait fait avant : j’avais ainsi droit à l’erreur. Je pensais également que si cela marchait, la filière s’approprierait l’outil et, à terme, en serait partie prenante. Là, je me suis trompé.
Quels sont vos atouts ?
Nous avons une stratégie à deux-trois ans. À chaque début d’exercice, nous regardons si elle tient. Par exemple, nous avons eu un projet de salades de fruits. Nous avons fait des tests, acheté un prototype puis, nous avons fait l’étude économique qui nous a révélé qu’il valait mieux ne pas poursuivre.
Nos produits apportent un vrai plus pour les restaurateurs : ils n’ont plus les moyens de payer du personnel pour éplucher des légumes surtout du madère ou des christophines. Au départ, c’était un travail d’artisan avec beaucoup d’opérations manuelles, puis nous avons automatisé en passant dans le deuxième laboratoire, et aujourd’hui avec ce troisième laboratoire, nous sommes passé à une approche industrielle. La ligne fonctionne en continu, elle est automatisée, ce qui nous permet de maîtriser et de contrôler les paramètres de temps et de température et ainsi de pérenniser la qualité des produits.
Quelles sont vos recettes pour durer ?
Il y a deux aspects. Techniquement : toujours avoir un point d’avance, innover. En 1999, nous proposions quatre produits : aujourd’hui, nous sommes à dix références en cinquième gamme et sept en quatrième gamme. Économiquement, nous faisons en sorte d’avoir plusieurs mois de chiffres d’affaires. Sinon, nous serions à la merci de n’importe quel incident. Nous sommes tous interdépendants : une grève à EDF, à la Générale des Eaux, sur le port interfère sur tout le monde.
Quelles sont vos zones de progrès ?
Mieux nous organiser en distribution et en commercialisation, pour passer à du volume afin de diminuer le coût de revient et donc le prix de vente. Notre processus de production est bon, nous avons un rendement de 500 kg/heure, c’est à dire l’équivalent à celui d’une usine de métropole.
Pensez-vous qu’une entreprise puisse croître indéfiniment ?
Cela dépend du dirigeant, de sa motivation. Si son objectif c’est d’avoir toujours plus, c’est oui. Mon objectif est que Légumes des Îles soit stable et pérenne, que l’on produise bien et que les clients soient contents. La vraie réussite serait que les producteurs adhèrent au projet et nous perçoivent comme une unité de valorisation.
Y a-t-il un point qui vous préoccupe pour l’avenir ?
L’approvisionnement en matières premières. Localement, il n’y a pas d’organisation, pas de capacité de stockage : chacun spécule quitte à jeter des produits. Et à l’import, il n’y a pas de traçabilité.
L’élection présidentielle approche : si vous étiez élu président de la République, quelle serait votre première décision pour dynamiser l'activité économique, pour redonner confiance ?
L’élection présidentielle approche : si vous étiez élu président de la République, quelle serait votre première décision pour dynamiser l'activité économique, pour redonner confiance ?
Je regarderais en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Espagne, ils ont un taux de chômage de 5 à 6%. Ailleurs tout n’est pas négatif. Les acquis sociaux c’est bien, mais 25% de chômage, c’est insupportable.


Concentrés que nous sommes sur la formation du gouvernement français après l'alternance survenue le 6 mai dernier, nous en négligeons ce qui se passe dans notre région.
Pour Hélène Gebhardt, neuf Etats européens tardent






































