Brigitte Avril, gérante de Caraïbes Management Construction,
Magazine Financement des entreprises
"Manager avec bon sens"
Son p a r c o u r s
Rien ne prédisposait Brigitte Avril, femme de bon sens, à devenir chef d'entreprise. Enseignante à l’étranger, son mari travaillant pour de grands groupes du BTP, elle devient en 1995 gérante d'une structure sans salariés créée par le Pdg de son mari à l’époque. La structure se développe, elle rachète la totalité des parts sociales en 1999 avec son mari. Dix ans plus tard, elle est à la tête d'une enteprise de BTP d'une quinzaine de personnes. L'organisation et la coordination sont ses atouts maîtres
CARAÏBES MANAGEMENT CONSTRUCTION
Création : 1995
Surface : siège 250 m2, dépôt : 250 m2
Nombre de salariés : 14 à 19 en fonction des chantiers
Services : Bâtiment, travaux publics, réhabilitation, rénovation
Marché : la Guadeloupe
Clientèle : bailleurs sociaux, promoteurs immobiliers
Perspectives : développer l'activité de services, le bureau d'études techniques. Rester à l'affut des opportunités.
Qu'est ce qui vous a poussée à racheter la société qui vous employait ?
En fait, cela correspondait à mes aspirations d’organisation et de coordination. Pour l’aspect technique, j'ai embauché mon mari. Au début, nous étions dans un petit bureau avec un téléphone, un fax un ordinateur et nous louions tout. Il nous a fallu cinq ans pour que ça marche et l'opportunité d'un gros chantier. La renommée est vite venue mais ça peut très rapidement aller dans le sens contraire aussi.
Quels sont vos atouts ?
Le cloisonnement entre vie privée et vie professionnelle. Il y a deux moteurs qui vont dans le même sens dans l'entreprise. Nous répondons dans des créneaux que les autres n'envisagent pas, sur des cibles particulières. Nous répondons de façon sérieuse à beaucoup d'appels d'offres. Nous sommes des faiseurs de projets de tailles moyennes et petites mais avec des moyens. L'encadrement est au top. Nous avons une palette d'interventions très large grâce à notre polyvalence, du gros œuvre à la finition. Et puis, nous gérons de manière prudente.
Quels sont les points de votre activité que vous avez toujours eus en ligne de mire ?
Les délais de paiement, la situation mensuelle des états de gestion. Nous suivons les conseil des experts pour la trésorerie. J'ai passé deux ans à interroger le minitel tous les matins avant d’aller travailler pour suivre la trésorerie. En dix ans, nous nous sommes construit une trésorerie : une entreprise, c'est comme une personne, elle peut tomber malade. Et je suis sûre qu'au moindre souci, les banquiers ne seront pas là.
Quelles sont vos recettes pour durer ?
Pas de mono-produit, pas de mono-client et garder de la trésorerie. Garder une structure légère et une comptabilité analytique pour chaque chantier. Cela nous permet d'avoir des indicateurs et de savoir les interpréter : les gars sont formés à cela.
Quelles sont vos zones de progrès ?
Travailler moins pour avoir plus de loisirs.
Aller vers des chantiers plus techniques, plus prestigieux. Continuer à former et à transmettre. Tous les ans, nous accueillons deux stagiaires d'école d'ingénieur du BTP. L’entreprise se développe, cela nécessite du temps, de l'accompagnement.
Pensez qu'une entreprise peut croître indéfiniment ?
Non, comme un être humain : un jour, elle meurt dans sa première forme. Mais comme un arbre, on peut faire des boutures. Nous avons plein d'idées, même si nous avons la tête dans le guidon et qu’il n'est pas toujours facile de prendre de la hauteur.
Y a-t-il un point qui vous préoccupe pour l'avenir ?
L’arrêt de la défiscalisation, le problème de la gestion des logements sociaux. Si la TVA non perçue récupérable est supprimée, ce sera 3 à 5% de bénéfices en moins pour les marchés en cours lors du changement et à terme une augmentation des prix. La pression foncière commence à se faire ressentir ici.
L’élection présidentielle approche : si vous étiez élue présidente de la République, quelle serait votre première décision pour dynamiser l'activité économique, pour redonner confiance ?
Toiletter les lois sur l'emploi pour les petits entrepreneurs. Les marchés sont versatiles et les petites structures subissent les variations de plein fouet. Il faut qu'elles aient plus de flexibilité. Les charges patronales et salariales devraient être allégées et les performance de l'État améliorées. Embaucher est un enrichissement pour l'entreprise, on est content d'embaucher, mais il ne faut pas que ce soit plombé par une arrière-pensée : comment faire s’il y a moins d'activité ? Un exemple récent, le jour de la sortie du décret, nous avons signé quatre Contrats nouvel embauche(CNE). Nous avons pu prendre avec nous des gens qui travaillaient pour nous avec différentes formes de contrats, intérim, CDD, contrat de chantier.


Concentrés que nous sommes sur la formation du gouvernement français après l'alternance survenue le 6 mai dernier, nous en négligeons ce qui se passe dans notre région.
Pour Hélène Gebhardt, neuf Etats européens tardent






































