Hervé Damoiseau, Pdg des rhums Damoiseau et Frères
Magazine Financement des entreprises
"Y'a pas de petits clients"
RHUMS DAMOISEAU FRÈRES
Création : 1942
Surface : 99 hect. dont 20 pour la distillerie
Nombre de salariés : 28
Services, produits : production et vente de rhum agricole
Marché : la Guadeloupe et l’export (Italie, Espagne, Japon, Australie, Belgique, Sénégal)
Clientèle : particuliers, professionnels de la distribution
Perspectives : développer l'export. Changer deux moulins. Construire un nouveau chai de vieillissement.
Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre la direction de l'entreprise familiale ?
Après un bac comptabilité, j'ai fait une tentative en école d'informatique mais ça ne m'a pas plu. Du coup, j'ai fait l'École des cadres et dirigeants d'entreprises. En 85, j'ai intégré l'entreprise familiale. J'ai fait tous les postes sauf la distillation et la chaudière. J'ai été responsable de la chaîne d'embouteillage puis directeur commercial et en 1996 Pdg. Mon intégration était la suite logique
Quels sont vos atouts ?
J'ai du caractère. Quand ça va pas je le dis. Je connais le milieu du rhum. J'ai l'esprit d'initiative et je suis accessible à tous quelle que soit la situation, il suffit de demander gentiment. Et puis j’adore l'humour.
Les atouts de l'entreprise, c'est d'abord un bon rhum. La distillerie a évolué tehniquement pour répondre à la demande, améliorer le goût. Nous travaillons avec un expert de l'Union nationale des groupements de distillateurs d'alcool. Nous sommes en Grande-Terre, le sol est calcaire et agit sur l'environnement microbien qui fait la particularité de notre rhum.
Commercialement, nous répondons rapidement aux demandes. Nous pouvons travailler à façon même pour des tous petits volumes. Et notre distillerie est ouverte à tout le monde, dont les touristes.
Quels sont les points de votre activité que vous avez toujours eus en ligne de mire ?
Le volume des ventes d’alcool pur : le chiffre d'affaires n'a pas de réalité. Les ventes d’alcool pur, c'est le critère pour le marché local, l’export et le continent.
Quelles sont vos recettes pour durer ?
Boire un petit punch tous les jours ! Au-delà de la blague, cela permet de surveiller la qualité du produit et c’est indispensable quelle que soit la société.
Pensez qu'une entreprise peut croitre indéfiniment ?
Je ne me pose pas la question. Je n'ai pas le choix : je suis obligé de croître.
Quelles sont vos zones de progrès ?
L'aménagement paysager, pour avoir un cadre de travail agréable. Faire le forcing sur la propreté de la distillerie. Et puis continuer de développer l'export : nous avons embauché un Volontaire international en entreprise (VIE). Aujourd'hui, l'export représente 30% de nos volumes, soit quatre fois plus qu'il y a dix ans.
Y a-t-il un point qui vous préoccupe pour l'avenir ?
Je m'efforce de maîtriser les charges fixes : une petite baisse du chiffre d'affaires peut entraîner une grosse perte de bénéfice.
Le climat social car on est jamais à l'abri d'une grève : le fait que cela arrive sans raison apparente et qu’il n'y a jamais de discussion avant est perturbant. Le mot d'ordre, c'est faire pression avant de négocier. Ce n’est pas très constructif.
Autre souci, la fiscalité privilégiée sur le rhum : l'Union européenne n'a pas encore prorogé cette mesure.
L’élection présidentielle approche : si vous étiez élu président de la République, quelle serait votre première décision pour dynamiser l'activité économique, pour redonner confiance ?
Il y en a tellement à prendre ! La première, baisser la pression fiscale, s'inspirer du système fiscal américain qui instaure un plafond d'impôts. Alléger les charges administratives : on passe trop de temps à faire des déclarations. On nous demande les statuts en x exemplaires et l'année suivante, pour la même administration il faudra fournir de nouveau les mêmes éléments. Réglons ces incohérences !
Revenir sur la définition du salaire : un salaire, c'est pour un temps de travail effectué pas pour un temps de présence.


Concentrés que nous sommes sur la formation du gouvernement français après l'alternance survenue le 6 mai dernier, nous en négligeons ce qui se passe dans notre région.
Pour Hélène Gebhardt, neuf Etats européens tardent






































