Yannick Plante, gérant d'Alizés RH
Magazine Financement des entreprises
"D'abord les opportunités"
Son p a r c o u r s
Yannick Plante a été directeur des ressources humaines pour des grands groupes métropolitains (Thomson, Pinault et Hayot) pendant quiner ans avant de lancer sa boîte en 2001.
ALIZÉS RH
Création : 2001
Nombre de salariés : 10 + 40 prestataires extérieurs
Activité : cabinet conseil en ressources humaines.
Marchés : Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion, Paris, Tahiti
Clientèle : entreprises et administrations
Perspectives : devenir le cabinet de référence dans le domaine du conseil en ressources humaines
Qu'est ce qui vous a poussé à créer votre entreprise ?
La quarantaine m'a rattrapé : j'ai eu envie de travailler pour moi. En tant qu'acheteur de formation et de recrutement, j'étais conscient du problème de l'offre : soit les consultants sont compétents mais n'ont pas les spécificités locales, soit les intervenants sont locaux et ne sont pas suffisamment performants. J'ai donc décidé de monter une entreprise par rapport à mon savoir-faire pour proposer des compétences et la proximité. Le projet est de créer un réseau de cabinet d'experts sur différentes zones. J'avoue que le changement de statut de salarié à chef d'entreprise a été un choc culturel. Il a fallu appréhender la dimension commerciale, passer d'acheteur à vendeur, intégrer la finance et la gestion d'entreprise. C'est curieux et stimulant à la fois. Je me rends compte qu'Alizés RH a sa propre existence. L'entreprise dépasse la personne. Et j'ai différentes casquettes, je suis fondateur, gérant, responsable d'agence et consultant, donc différents niveaux de positionnement dans l'entreprise.
Quels sont vos atouts ?
La capitalisation des savoir-faire. Ce qui nous permet d'offrir une même qualité de services quelles que soient les zones géographiques. Le réseau que nous avons développé est homogène. Et notre organisation interne fait que chaque personne a une fonction spécifique et des missions transversales. Ainsi, il y a une responsabilité vis-à-vis des autres : il n'y a pas des gens qui pensent et d'autres qui exécutent.
Quels sont les points de votre activité que vous avez toujours eus en ligne de mire ?
Au départ, le nombre de missions et le niveau de chiffre d'affaires, puis rapidement la marge. C'est elle qui permet de financer le développement. Chaque agence a son compte d'exploitation. L'excédent brut est un bon indicateur de rentabilité. Chaque nouvelle agence nécessite entre 60 000e à 100 000€ d'investissement en autofinancement, elle doit être à l'équilibre au bout de six mois. Chaque année, la rentabilité globale doit augmenter pour permettre le développement. D'ailleurs l'intéressement est calculé en fonction de la rentabilité. Les salariés savent pourquoi ils gagnent plus et qu'il est important de négocier les justes prix au quotidien.
Quelles sont vos recettes pour durer ?
La passion de ce que je fais. Tous les matins, j'ai envie d'aller travailler. Quand j'étais salarié, c'était parfois plutôt par conscience professionnelle
Quelles sont vos zones de progrès ?
La terre est vaste : au départ, le marché était la Martinique. Le positionnement de nos clients sur différentes zones tropicales a ouvert des perspectives. Aujourd'hui, nous allons développer notre niche, c'est-à-dire aider les entreprises à trouver des compétences dans des zones difficiles partout où un réseau peut intéresser et où le territoire est peu encombré.
Pensez-vous qu'une entreprise puisse croître indéfiniment ?
Oui, il n'y a pas de limites. C'est une question de chance, d'opportunités et de priorité de vie personnelle. Ce que je voudrais, c'est démultiplier le concept.
Y a-t-il un point qui vous préoccupe pour l'avenir ?
Non
Les élections présidentielles approchent : si vous étiez élu président de la République, quelle serait votre première décision pour dynamiser l'activité économique, pour redonner confiance ?
Libérer la pression fiscale et sociale. Il y a toujours des profiteurs, mais il faut donner l'impulsion : les entrepreneurs savent saisir les opportunités. Il faut des mesures d'incitation, d'allègement pas des subventions.l


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