Bruno Arcelin, gérant d'Acti Protection
Magazine Financement des entreprises
"Grandir mais pas grossir"
Son p a r c o u r s
Bruno Arcelin est un pur produit d’école de commerce. La sienne est à Paris. Il y ajoute une 3e année option création d'entreprise. Quelques stages en métropole, puis il travaille de 1993 à 1997 dans une société martiniquaise d’équipement et de protections individuelles. Ce dynamique trentenaire a su rebondir : en 1998 suite à un licenciement économique, il décide de créer son entreprise en s'appuyant sur son expérience et sur quelques cours de création d'entreprise suivis pendant son cursus de formation. Au départ seul, il développe son activité d'équipement et de protection individuelle et progressivement adapte sa structure au chiffre d'affaires. Acti Protection compte aujourd'hui quatre salariés.
ACTI PROTECTION
Création : 1998
Nombre de salariés : 4
Show-room : 25m2
Entrepôt : 180
Activité : vente d’équipements de protection individuelle
Marché : la Martinique
Clientèle : entreprises et collectivités
Perspectives : continuer à grandir, améliorer l’espace de travail et mettre en place un plan de formation.
Qu'est ce qui vous a poussé à créer votre entreprise ?
À la fin de mes études, l'opportunité de créer une entreprise ne s’est pas présentée, j’ai donc été salarié. Mais en 1997 suite à un licenciement économique, j'ai décidé de monter un projet. J'avais l'expérience du secteur économique, la connaissance des fournisseurs et des circuits d'approvisionnement. J'ai ressorti quelques cours. J'ai fait une étude de marché, un plan de financement, un prévisionnel, un compte de résultat, je me suis fixé des objectifs commerciaux à trois ans... Et je me suis lancé !
Quels sont vos atouts ?
La volonté d'aller de l'avant, et surtout, de me donner les moyens pour réussir. Être opportun, opiniâtre et à l'écoute du marché pour offrir le meilleur service. Quand nous ne sommes pas retenus, nous nous disons que nous n’avons pas mis tous les moyens pour l’emporter. Par exemple, nous avons mis en place un système de gestion de l'information qui permet au client de savoir précisément où en est sa commande et ce, quelle que soit, la personne qui est au bureau. Dans notre secteur, le développement se fait par la prise de parts de marché, les besoins évoluent par les exigences légales, c'est un marché de renouvellement. Il faut tenir les clients, les fidéliser par notre sérieux. Par exemple, nous ne prenons pas d'engagement sur ce que nous ne pouvons pas tenir.
Et puis, nous travaillons le capital confiance auprès de nos fournisseurs : Acti Protection a toujours payé à échéance, c'est un point clé qui confirme que nous sommes crédibles et transparents.
Quels sont les points de votre activité que vous avez eus toujours en ligne de mire ?
Le chiffre d'affaires et nos tableaux de bord. J'ai décliné les objectifs commerciaux annuels en objectifs mensuels et hebdomadaires en tenant compte de la saisonnalité. Le portefeuille de commandes enregistrées est le flux vital. Je surveille également de près les stocks. Nous avons un outil informatique qui relie la commande fournisseurs et la commande clients.
Quelles sont vos recettes pour durer ?
Grandir mais pas grossir. ça ne veut pas dire ne pas avoir d'ambition, cela veut dire y aller progressivement, construire à partir de bases saines. Pour nous, c'est une politique clients, leur apporter le meilleur service, avec des bases financières saines aussi bien en fonds de roulement qu’en trésorerie.
Dans notre petite structure, chaque personne privilégie l'opérationnel pour garantir la rentabilité des postes de travail. Je recherche et je développe cet état d'esprit chez mes collaborateurs en plus du dynamisme, de la probité et de l'honnêté. Et je veille à la maîtrise des charges fixes.
Par ailleurs, le dynamisme commercial, le service client, l'écoute de ses besoins sont primordiaux. C'est ce qui nous permet de nous différencier. Sur un marché où nous vendons des produits normalisés, la bataille se fait d'abord sur les prix. Nous, nous nous démarquons par le service. Et nous ne perdons jamais de vue que nos concurrents font au moins le même travail que nous. Voire mieux. Rien n'est acquis : il nous faut toujours nous remettre en question.
Quelles sont vos zones de progrès ?
Par rapport à l'outil de travail : améliorer le confort de travail, acheter un véhicule pour être plus réactif et améliorer la qualité de service. Mettre en place un plan de formation pour le personnel afin d’améliorer le rendement individuel. Du point de vue personnel, être plus à l'écoute et moins rentre dedans : je suis parfois trop speed.
Pensez-vous qu'une entreprise puisse croître indéfiniment ?
A priori, oui. Dans une île, non. Pour croître, il faut aller chercher de nouveaux marchés : une entreprise qui stagne régresse.
Oui elle peut croître indéfiniment, si sa structure est réfléchie. C'est le chiffre d'affaires supplémentaire qui oblige à adapter la structure et non l'inverse. Et pour s'adapter il faut analyser les besoins.
Y a-t-il un point qui vous préoccupe pour l'avenir ?
Je n'ai pas de préoccupation pour l'avenir. Le marché est concurrentiel, mais on ne se relâche pas, on est toujours affuté. Je suis en train de prendre confiance, cela veut dire moins de remise en cause.
L’élection présidentielle approche : si vous étiez élu président de la République, quelle serait votre première décision pour dynamiser l'activité économique, pour redonner confiance ?
Je ne fais pas de politique. Peut-être serait-il intéressant d'alléger les charges pour permettre aux entreprises d'investir. Donner le sentiment que quand on travaille et qu'on génère un chiffre d'affaires, ce n'est pas pour le fonctionnement des rouages de l'État !


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