Prix du Manager 2003 Guyane : Eurl Au Bon Pain
Magazine Export : Coopération régionale - Nov 2003
Nom : Harry Contout Fonction : Gérant Activité : Boulangerie, pâtisserie
Reprise : 1993
Nombre de salariés : 33
Surface du vente : 480 m2
Produits : Pains spéciaux, baguettes, viennoiserie, pâtisserie
Clientèle : Particuliers (90%) ; collectivités, restauration par vente directe dans le magasin ou par les 3 chauffeurs livreurs.
Production : 3 000 baguettes par jour.
Fréquentation : 900 clients par jour
Marché : Cayenne.
Perspectives : Créer une autre structure dans une autre commune. Créer un service de livraison à domicile pour les personnes âgées.
Dans l’entreprise : Au sein de la Boulangerie Albert, les dispositions relatives aux conditions de travail des salariés sont respectées.
Qu’est-ce qui vous a poussé à créer votre entreprise ?
En reprenant la boulangerie Albert, j’ai voulu relever un défi : sauver une entreprise qui faisait partie depuis cinquante ans du patrimoine de Cayenne. Au moment de sa liquidation, j’ai donc proposé un plan de cession qui a été accepté. C’est ainsi qu’est née l’Eurl Bon Pain. Par ailleurs, j’ai travaillé dans la restauration, je me sentais donc capable de relancer la boulangerie.
Quels sont vos atouts ?
La passion du métier, le goût du travail et l’amour du contact. En outre, je possède un sens du management.
Quels ont été les points de votre activité que vous avez toujours eus en ligne de mire ?
La formation de mes collaborateurs. Faire en sorte qu’ils prennent plaisir à travailler. Je mets en outre l’accent sur l’hygiène : c’est pourquoi les vendeuses portent toutes des gants.
Quelles sont vos recettes pour durer ?
J’anticipe la demande en créant de nouveaux produits à base d’ingrédients locaux, par exemple le pain avec de la farine de maïs, ou de manioc. Je suis à l’écoute de mes salariés dont j’ai besoin pour la création de nouvelles recettes. Je mise sur la transparence : depuis peu, une baie vitrée permet aux clients de voir les salariés en activité. Cela rassure la clientèle et crée une animation dans le magasin, et le personnel a gagné en motivation.
Quelles sont aujourd’hui vos zones de progrès ?
Continuer à diversifier notre gamme de produits avec les pains à base de produits locaux, et encore améliorer la qualité du service.
Pensez-vous qu’une entreprise puisse croître indéfiniment ?
Oui, à condition de se remettre en question régulièrement, de chercher de nouveaux marchés, de nouveaux produits. Il s’agit aussi d’améliorer sans cesse les conditions de travail pour les optimiser. Il faut se préoccuper de la formation des salariés, et faire en sorte qu’ils évoluent aussi.
Y a-t-il un point qui vous préoccupe pour l’avenir ?
Améliorer l’image de l’artisan auprès des jeunes et des décideurs. L’artisanat reste la première entreprise de France, ce que l’on oublie malheureusement trop souvent. Ce qui me préoccupe également, c’est le manque de formation des employeurs qui ne maîtrisent pas les nouvelles techniques de production et de gestion. Il faut réformer l’apprentissage en favorisant une meilleure détection au départ, et ne pas réserver ce secteur aux jeunes en situation d’échec.
Si vous étiez président de la future assemblée unique, quelle serait votre première décision pour dynamiser l’activité économique ?
Je ne serai jamais président de la future assemblée unique. Mais je ferai en sorte de faire de l’artisanat le premier pôle de développement économique. D’abord, en consolidant l’existant après avoir fait un diagnostic, ensuite en donnant aux entreprises les moyens techniques et matériels de durer, et, enfin, en mettant à leur disposition des moyens adaptés à l’évolution de leurs métiers en centres de formation. Par exemple, il n’y a presque plus de formation pour les métiers de bouche en Guyane.


Concentrés que nous sommes sur la formation du gouvernement français après l'alternance survenue le 6 mai dernier, nous en négligeons ce qui se passe dans notre région.
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